Un film. Des dizaines de millions de dollars. Vingt-deux jours de tournage supplémentaires. Et au bout du compte, une œuvre qui s'arrête en 1988 — juste avant que les ennuis commencent. Ce n'est pas un hasard. C'est un choix. Et ce choix dit quelque chose de bien plus large que Michael Jackson. Réécrire avec de l'argent Le biopic Michael devait, dans sa version originale, aborder les scandales. Graham King le promettait encore en avril 2024 à Las Vegas : « le film abordera tout cela. » Un an plus tard, il n'aborde rien du tout. Le troisième acte consacré à l'affaire Chandler a été supprimé. Vingt-deux jours de nouvelles scènes ont été tournés. La facture — entre 10 et 15 millions de dollars — a été réglée par la succession de Jackson. La succession qui est aussi productrice du film. La mécanique est limpide. Quand tu finances le récit de ta propre histoire, tu en contrôles les contours. Le biopic ne ment pas. Il tronque. Il s'arrête là où ça arrange. La di...
BOB MARLEY : ONE LOVE est enfin sorti
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Véritable légende de la musique et du reggae, Bob Marley a aujourd'hui le droit à son biopic. Voici notre avis
Freddie Mercury, Elton John, Bob Dylan, Eminem… les musiciens a avoir eu les honneurs d'un film autobiographique sont nombreux. Bob Marley, pourtant l'une des personnalités les plus iconiques du 20e siècle, n'avait étonnamment jamais eu le droit a son biopic. C'est aujourd'hui chose faite avec Bob Marley: One Love, au cinéma des aujourd'hui.Le film sur la légende du reggae est trop académique, trop creux, et a tout du produit bassement commercial.
Le pitch
Retour sur la vie et la carrière de Bob Marley, le légendaire musicien reggae. Le film raconte notamment la montée des violences en Jamaïque à la fin des années 1970, qui vont obliger Marley à déménager en Angleterre et à revoir le sens de sa musique.
Notre point de vue
Le biopic est un exercice délicat. Certains tentent d'encapsuler la vie entière d'un talent en une paire d'heures, au risque de raccourcis. D'autres se concentrent sur un événement particulier pour mieux déployer leur portrait. C'est le cas de ce Bob Marley: One Love, introduit lourdement par un pavé de texte aux allures de page Wikipedia.
Un démarrage encadré qui donne le ton de ce film produit par la famille Marley (sa veuve Rita et ses enfants), plus soucieux d'entretenir le patrimoine et l'image fantasmée du chanteur que de raconter une histoire d'intérêt sur l'homme derrière la légende.
Bob Marley: One Love reprend ainsi le récit académique de l'artiste torturé et le teinte du folklore lié au chanteur. Du montage entraînant aux scènes de doute, en passant par l'événement traumatique et la grande rédemption, le film coche toutes les cases du bidon de lessive sans aspérité.
Au cœur du film, Marley est cette figure flottant au-dessus de tout, rarement écorchée et débitant des phrases inspirantes aux allures de slogan de t-shirt. Dans le rôle principal, le sympathique Kingsley Ben-Adir (The OA, Secret Invasion, Barbie) a beau faire de son mieux, il ne parvient pas à effacer ce petit sentiment de caricature.
Des flash-back brumeux sur l'enfance du chanteur tissent bien un début de réflexion intéressante sur la recherche du père et une éventuelle quête de ses origines. Mais là encore, tout cela est sitôt évoqué, sitôt oublié, pour mieux revenir à la playlist Spotify et l'image dorée du chanteur. Bob Marley: One Love semble ainsi passer à côté de son vrai sujet, comme pour ne froisser personne.
Il y avait pourtant plus incisif, plus creusé, plus juste à raconter sur cette poignée d'années entre 1976 et 1980, où les destins du chanteur et de la Jamaïque ne font plus qu'un. Même l'aspect politique n'est ici qu'un prétexte, un vague bruit de fond censé donner une légitimité à tout cela. En vain.
Certes, tout n'est pas à jeter : les fans seront sans doute ravis de retrouver une certaine période musicale, de voir l'album Exodus se construire sous leurs yeux, ou de réentendre les classiques toujours aussi efficaces du chanteur. Il n'empêche, Bob Marley méritait une proposition plus inspirante que ce biopic creux et bien trop sage.
Malgré la musique toujours aussi inspirante de la légende du reggae, Bob Marley: One Love est un biopic sage et sans grand intérêt. Un produit manufacturé sans âme ni idée, bien loin de l'esprit de son héros.
Bob Marley: One Lovesorti au cinéma le 14 février.
Réalisateur
Reinaldo Marcus Green
Acteurs
Kingsley Ben-Adir, Lashana Lynch, James Norton, Anthony Welsh, Michael Gandolfini