La critique musicale existe pour le rock, le jazz, la pop, la musique classique. Dans les musiques urbaines — rap, reggae, dancehall — elle a presque disparu. Ce silence n'est pas anodin. Il révèle les mécanismes d'un écosystème où la peur, la complaisance et les intérêts commerciaux ont progressivement étouffé toute voix dissidente. Mais pour comprendre où ce silence a commencé, il faut remonter bien plus loin qu'on ne le croit. Un vide critique qui ne s'explique pas par la qualité La critique musicale sérieuse suppose un postulat simple : tout ce qui est produit n'est pas bon. Cette évidence, acceptée sans discussion dans la presse rock, jazz ou classique, semble frapper un mur invisible dès qu'il s'agit de rap, de reggae ou de dancehall. Les chroniques négatives y sont rarissimes. Les analyses sévères, quasi inexistantes. Et pourtant, la production est massive, hétérogène, et — comme dans tout genre musical — profondément inégale. Il faut d'emblée pré...
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