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Fela Kuti et Sade Adu entrent au Rock & Roll Hall of Fame 2026

Le Rock & Roll Hall of Fame 2026 Induction Ceremony a dévoilé sa promotion 2026, consacrant deux figures majeures de la musique africaine et diasporique : Fela Kuti et Sade Adu . L’annonce, faite le 13 avril 2026, confirme l’élargissement continu du panthéon américain vers une lecture de plus en plus globale des héritages musicaux. La cérémonie d’intronisation se tiendra le 14 novembre 2026 à Los Angeles et sera diffusée sur ABC et Disney+. Elle s’inscrit dans un dispositif institutionnel devenu l’une des plus hautes distinctions de l’industrie musicale, à la croisée du musée et de la mémoire culturelle du rock et de ses extensions contemporaines. Une édition 2026 marquée par la diversité des héritages La promotion 2026 se distingue par la variété des profils distingués. Dans la catégorie des interprètes, Sade rejoint notamment Phil Collins, Billy Idol, Iron Maiden, Joy Division/New Order, Oasis, Luther Vandross et le Wu-Tang Clan, illustrant la volonté du Hall of Fame d’embra...

L’Afrique veut corriger sa représentation du monde : vers l’abandon de la projection de Mercator

Un débat cartographique aux implications politiques et symboliques majeures refait surface sur la scène internationale. Mandaté par l’Union africaine, le Togo a officiellement lancé une initiative appelant les États membres des Nations unies à adopter une nouvelle représentation du monde, jugée plus fidèle à la taille réelle du continent africain.

Intitulée « Corrigez la carte », la campagne vise à remettre en cause l’usage historique de la projection de Mercator dans les institutions publiques, les systèmes éducatifs et les organisations internationales.

Une carte héritée du XVIᵉ siècle remise en question

La projection de Mercator, conçue au XVIᵉ siècle par le cartographe Gerardus Mercator, a longtemps été un outil essentiel pour la navigation maritime. Sa construction permettait de représenter les angles de navigation de manière fiable, facilitant les traversées océaniques à une époque où la précision des routes était cruciale.

Cependant, cette projection comporte une limite structurelle majeure : elle déforme les superficies réelles des continents. Les zones proches des pôles apparaissent agrandies, tandis que les régions proches de l’équateur sont réduites.

Dans cette représentation, le Groenland semble par exemple comparable à l’Afrique en taille, alors que le continent africain est en réalité environ 14 fois plus vaste.

Une représentation jugée politiquement déséquilibrée

Au-delà de la question technique, les critiques adressées à la projection de Mercator sont également politiques et symboliques. Selon les promoteurs de la campagne, cette représentation contribue à une perception erronée de la place de l’Afrique dans le monde, en la rendant visuellement plus petite qu’elle ne l’est réellement, malgré son poids démographique et géographique considérable.

Pour les défenseurs de l’initiative, cette distorsion visuelle participe à une forme de marginalisation implicite du continent dans l’imaginaire global.

“Corrigez la carte” : une campagne internationale

La campagne “Corrigez la carte” est portée par plusieurs organisations, dont Africa No Filter et Speak Up Africa. Elle appelle à un abandon progressif de la projection de Mercator au profit d’alternatives jugées plus fidèles aux proportions réelles.

Parmi celles-ci figure la projection Equal Earth, développée en 2018, qui vise à représenter les continents avec des proportions plus proches de la réalité géographique.

Une transition cartographique déjà amorcée

La projection Equal Earth n’est pas nouvelle dans les milieux scientifiques. Elle a été conçue précisément pour répondre aux critiques formulées contre les projections historiques, en particulier la distorsion des surfaces terrestres.

Si elle reste encore marginale dans les usages institutionnels, elle est de plus en plus adoptée dans certains supports éducatifs et travaux académiques.

Un enjeu éducatif et géopolitique

La question dépasse le seul cadre de la cartographie. Elle touche également à la manière dont les sociétés apprennent et perçoivent les équilibres mondiaux.

Changer de projection ne modifierait pas les frontières, mais pourrait influencer la perception des rapports de force économiques, démographiques et culturels entre les continents.

Pour les promoteurs de la campagne, il s’agit donc moins d’un débat technique que d’un enjeu de représentation et de reconnaissance.

Vers une relecture des représentations du monde

La démarche portée par le Togo et soutenue par l’Union africaine s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation des récits globaux par les pays du Sud. Elle interroge la manière dont des outils historiques, conçus dans un contexte européen du XVIᵉ siècle, continuent de structurer la vision contemporaine du monde.

En appelant à “corriger la carte”, les initiateurs de la campagne ne cherchent pas seulement à modifier un support pédagogique : ils questionnent la façon dont l’ordre mondial est visuellement construit, transmis et perçu.

Dans ce débat entre précision géographique et héritage historique, la carte du monde devient ainsi un objet politique à part entière.