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Fela Kuti et Sade Adu entrent au Rock & Roll Hall of Fame 2026

Le Rock & Roll Hall of Fame 2026 Induction Ceremony a dévoilé sa promotion 2026, consacrant deux figures majeures de la musique africaine et diasporique : Fela Kuti et Sade Adu . L’annonce, faite le 13 avril 2026, confirme l’élargissement continu du panthéon américain vers une lecture de plus en plus globale des héritages musicaux. La cérémonie d’intronisation se tiendra le 14 novembre 2026 à Los Angeles et sera diffusée sur ABC et Disney+. Elle s’inscrit dans un dispositif institutionnel devenu l’une des plus hautes distinctions de l’industrie musicale, à la croisée du musée et de la mémoire culturelle du rock et de ses extensions contemporaines. Une édition 2026 marquée par la diversité des héritages La promotion 2026 se distingue par la variété des profils distingués. Dans la catégorie des interprètes, Sade rejoint notamment Phil Collins, Billy Idol, Iron Maiden, Joy Division/New Order, Oasis, Luther Vandross et le Wu-Tang Clan, illustrant la volonté du Hall of Fame d’embra...

Nell Angloma, draftée en WNBA : va-t-elle rejoindre le gotha des championnes invisibles ?

Nell Angloma vient d'être draftée au premier tour de la WNBA à 19 ans. Elle est noire, martiniquaise, et française. Comme d'autres avant elle, elle fera des exploits que beaucoup n'entendront jamais.

Le 12e choix de la draft WNBA 2026. Premier tour. À 19 ans, l'ailière Nell Angloma rejoint les Connecticut Sun et entre dans la ligue de basket féminin la plus relevée au monde. Née à Évreux, formée à l'INSEP, révélée à Lattes-Montpellier avec 15,5 points de moyenne cette saison : le profil parle de lui-même. MVP de l'Euro U18 2024, meilleure marqueuse française au Mondial U19 2025, internationale senior à un âge où d'autres découvrent encore le championnat de France.

Si c'était un homme, les chaînes sportives sortiraient les archives. On parlerait de « la fierté nationale ». On ferait des unes. Mais on n'en parle pas. Ou si peu. Et ce silence, il faut le nommer.

La Tony Parker du basket féminin

En 2001, les San Antonio Spurs drafaient un gamin français de 19 ans au 28e rang. Personne n'attendait vraiment Tony Parker à ce niveau-là. L'histoire a démontré que ceux qui doutaient avaient tort.

Nell Angloma entre dans la WNBA avec un profil comparable : ailière polyvalente, scoreur, capable de créer et de dominer. La présence de l'entraîneur français Rachid Meziane au Connecticut Sun n'est pas non plus anodine. Les conditions sont réunies. Le potentiel est là. L'histoire, peut-être, aussi.

La différence, c'est qu'on ne lui fera pas douze pages dans L'Équipe Magazine.

Elles ont tout gagné. Vous les connaissez ?

Nell Angloma n'est pas seule dans cet angle mort médiatique. Elle rejoint une lignée de championnes françaises, souvent noires, souvent issues des Antilles ou d'Afrique, dont les palmarès forcent le respect — et dont la visibilité reste inversement proportionnelle à leurs titres.

Clarisse Agbegnenou

JUDO

EXPLOITS

  • 6 titres de championne du monde
  • 2 titres olympiques
  • Judokate française la plus titrée de l’histoire

VISIBILITÉ
→ Sport médiatiquement associé à Teddy Riner


Mélanie De Jesus Dos Santos

GYMNASTIQUE

EXPLOITS

  • 4 titres de championne d’Europe
  • 11 titres nationaux
  • Gymnaste française la plus titrée au niveau continental

VISIBILITÉ
→ Discipline souvent mise en lumière via des figures masculines comme Samir Aït Saïd


Estelle Mossely

BOXE

EXPLOITS

  • Championne olympique (Rio 2016)
  • Championne du monde amateur
  • Première boxeuse française titrée aux JO

VISIBILITÉ
→ Exposition médiatique inférieure à celle de boxeurs masculins comme Tony Yoka


Wendie Renard

FOOTBALL

EXPLOITS

  • 8 Ligues des champions avec l’Olympique Lyonnais Féminin
  • +150 sélections avec l’Équipe de France féminine de football
  • Capitane historique et référence mondiale à son poste

VISIBILITÉ
→ Football dominé médiatiquement par des figures comme Kylian Mbappé et Raphaël Varane


Nell Angloma

BASKETBALL

EXPLOITS

  • Draftée au 1er tour WNBA par les Connecticut Sun
  • MVP Euro U18 2024
  • Internationale senior à 19 ans

VISIBILITÉ
→ Comparaison médiatique avec l’impact de Victor Wembanyama en NBA


Dans chacun de ces cas, le schéma est le même : une femme noire française réalise quelque chose d'historique dans sa discipline. Son homologue masculin reçoit la lumière. Elle reçoit le silence.
Ce n'est pas une coïncidence. C'est un système.

Ce que Nell Angloma représente

Elle n'a pas besoin qu'on lui fasse de la place. Elle l'a prise. Le problème, c'est qu'on refuse de regarder.

Pour les jeunes filles martiniquaises, antillaises, africaines, qui jouent dans les gymnases de France et qui rêvent sans trop oser le dire : Nell Angloma est une preuve concrète. La preuve que le chemin existe. Que l'INSEP peut mener à la WNBA. Que la Martinique peut produire des joueuses de premier tour.

Mélanie De Jesus Dos Santos s'entraînait aux côtés de Simone Biles à Houston avant les JO de Paris. Estelle Mossely a fondé LPERF, une association pour soutenir les femmes athlètes, tout en menant une carrière d'ingénieure. Clarisse Agbegnenou remportait son sixième titre mondial onze mois après avoir accouché. Ces femmes ne manquent pas de grandeur. Ce qui manque, c'est le regard qu'on porte sur elles.

Dreadlocks Tribune existe, entre autres, pour ça. Pour dire que ces femmes comptent. Que leurs victoires sont nos victoires. Et que Nell Angloma, 19 ans, ailière, martiniquaise, première tour de draft WNBA — mérite qu'on sache son nom.

Retenez-le.