Le président français affirme avoir fait sa part. Les dirigeants africains, eux, n'ont toujours pas osé franchir le pas vers une monnaie souveraine. Entre postures anti-impérialistes et prudence monétaire, le paradoxe est criant. En marge du sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a choisi ses mots avec soin. La France, dit-il, a « pris toutes les responsabilités » en matière de réforme du franc CFA. Le reste appartient aux Africains. Belle formule — mais que cache-t-elle vraiment ? Depuis 2019, Paris a effectivement lâché du lest : fin de l'obligation de déposer les réserves de change au Trésor français, retrait des représentants français du conseil d'administration de la BCEAO. Ce qui demeure, en revanche, c'est l'essentiel — la garantie de convertibilité et le taux de change fixe avec l'euro. Et ce maintien, précise Macron, s'est fait « à la demande des pays concernés ». Autrement dit : ne cherchez pas le colonisateur là où vous croyez le trouver. Le ...
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