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Fin du Franc CFA : Macron passe la main, mais à qui ?

  Le président français affirme avoir fait sa part. Les dirigeants africains, eux, n'ont toujours pas osé franchir le pas vers une monnaie souveraine. Entre postures anti-impérialistes et prudence monétaire, le paradoxe est criant. En marge du sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a choisi ses mots avec soin. La France, dit-il, a « pris toutes les responsabilités » en matière de réforme du franc CFA. Le reste appartient aux Africains. Belle formule — mais que cache-t-elle vraiment ? Depuis 2019, Paris a effectivement lâché du lest : fin de l'obligation de déposer les réserves de change au Trésor français, retrait des représentants français du conseil d'administration de la BCEAO. Ce qui demeure, en revanche, c'est l'essentiel — la garantie de convertibilité et le taux de change fixe avec l'euro. Et ce maintien, précise Macron, s'est fait « à la demande des pays concernés ». Autrement dit : ne cherchez pas le colonisateur là où vous croyez le trouver. Le ...

La Guinée retire une cinquantaine de permis miniers à des sociétés inactives

 

Dans la continuité de sa politique de reprise en main du secteur extractif, le président de la transition guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, a ordonné le retrait d’une cinquantaine de titres miniers à plusieurs dizaines de sociétés opérant dans l’exploitation de ressources naturelles comme la bauxite, l’or, le diamant ou encore le graphite.

Le décret a été lu mercredi 14 mai au soir sur la télévision publique. Les autorités n’ont pas communiqué les raisons officielles de ces retraits, mais selon Oumar Totiya Barry, chercheur spécialiste du secteur minier, « la plupart des entreprises concernées ne développaient pas ou n’exploitaient pas effectivement les concessions qui leur avaient été attribuées ».

Une purge progressive dans le secteur

Ce n’est pas la première fois que le régime guinéen prend des mesures similaires. Le 9 mai, deux sociétés locales — Guiter Mining et Kebo Energy SA — avaient déjà vu leurs permis d’exploitation révoqués. La veille, le chef de l’État avait annoncé le retrait des titres des entreprises non conformes au code minier en vigueur, sans en préciser les critères exacts.

Depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État en 2021, Mamadi Doumbouya a fait de la gouvernance des ressources minières une priorité stratégique. Le secteur est crucial pour l’économie guinéenne, notamment à travers l’exportation de bauxite, dont le pays est l’un des premiers producteurs mondiaux.