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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Haïti : l’Hôtel Oloffson, joyau architectural de Port-au-Prince, ravagé par les flammes

Symbole culturel de Port-au-Prince, l’Hôtel Oloffson n’est plus. Le bâtiment centenaire, emblème de l’architecture "pain d’épice" haïtienne, a été entièrement détruit par un incendie déclenché par le groupe armé Viv Ansanm, dans un contexte de violences persistantes dans la capitale.

Un monument historique à l’histoire mouvementée

Construit à la fin du XIXe siècle, l’édifice était à l’origine la résidence privée de Tirésias Simon Sam, président d’Haïti de 1896 à 1902. Entièrement en bois, dans un style victorien orné de dentelles, l’édifice incarnait un pan rare du patrimoine bâti haïtien.

En 1915, lors du début de l’occupation américaine, la résidence fut convertie en hôpital militaire par les marines américains. Puis en 1935, le capitaine Werner Gustav Oloffson et sa famille la transformèrent en hôtel. Le lieu ne tarda pas à devenir un repaire d’artistes et d’intellectuels.

Dans les années 1950, l’hôtel fut repris par un photographe français et son épouse haïtienne. Il devint alors un centre culturel de renommée internationale, attirant écrivains, acteurs et voyageurs du monde entier. Les chambres portaient le nom des clients célèbres. Parmi eux, Graham Greene, l’auteur britannique, s’en inspira pour son roman Les Comédiens, dans lequel l’établissement prend le nom fictif d’Hôtel Trianon, en pleine ère Duvalier.

De la scène artistique à la tourmente politique

Avec l’exil des touristes dans les années 1980, sous le régime de Jean-Claude Duvalier, l’hôtel accueillit surtout journalistes, humanitaires et diplomates. En 1987, Richard A. Morse, artiste d’origine haïtienne, relança l’activité en y installant son groupe RAM, qui mêlait musique traditionnelle haïtienne et paroles contestataires. Les jeudis soirs de RAM devinrent légendaires, réunissant un public bigarré : étrangers, militaires, artistes, figures politiques.

L’hôtel survécut au tremblement de terre de 2010, à de multiples insurrections, à l’instabilité politique chronique. Il résistait encore, fermé mais debout, jusqu’à cette attaque.

Un patrimoine perdu dans la guerre des gangs

Ces derniers mois, l’hôtel se trouvait au cœur d’une zone en tension, au cœur des affrontements entre groupes armés et forces de l’ordre. Le quartier autour était devenu un champ de bataille entre le gang Viv Ansanm et la police haïtienne.

Le bâtiment, fermé depuis plusieurs mois, avait survécu à tout. Mais cette fois, il n’a pas résisté aux flammes. L’incendie marque la fin d’un monument emblématique, témoin d’un siècle de bouleversements haïtiens.