Il est des artistes qui naissent d'une école. Et puis il y a ceux qui naissent d'une culture. Tuco Gadamn est de ceux-là. Rasta de la nouvelle génération, nourri dès l'origine par la chaleur des sound systems, il porte en lui cette tradition vivante où la musique n'est pas un produit mais un feu que l'on transmet. Un feu qu'il sait attiser comme peu d'autres aujourd'hui.
Anciennement connu sous le nom de Natty aux côtés de Rohff dans « Le son qui tue », Tuco s'est ensuite révélé avec sa propre identité musicale, fusionnant le dancehall et le hip-hop. Après la sortie de son premier EP « Gadamn », suivi d'une version Deluxe en 2020, il poursuit son ascension avec une authenticité qui ne faiblit jamais.
Rappeur incandescent, il manie le verbe avec une aisance qui force le respect. Ce n'est pas un hasard s'il est devenu, après le départ de Kool Shen, le binôme naturel de Joey Starr avec « Caribbean Dandee » : même exigence, même intensité, même refus du tiède, même folie.
Son rap est frontal, habité, toujours juste, capable de frapper fort sans jamais perdre en profondeur. Mais Tuco Gadamn ne s'arrête pas là. Car lorsqu'il s'empare d'un micro en sound system, il change de peau sans jamais trahir son essence. En pur dancehall champion, il enflamme les scènes, envoûte les foules, maîtrise les codes, fait vibrer les basses et les corps avec une autorité naturelle héritée de la culture jamaïcaine et caribéenne.
Chanteur autant que rappeur, il navigue entre le créole, le français et l'anglais avec une fluidité déconcertante. Chaque langue devient un outil d'expression, une couleur supplémentaire sur sa palette déjà riche. Des lyrics ciselés, conscients ou plein d'égo trip, selon la vibe. Impossible de l'enfermer dans une catégorie, impossible de le réduire à un genre : tout ce que l'on peut faire, c'est constater l'évidence et apprécier le talent.
Cette pluralité s'exprime aussi avec éclat dans son travail d'acteur. En 2025, Tuco Gadamn a de nouveau marqué les esprits en incarnant un rôle majeur et remarqué dans la série en 6 épisodes « Commandant St Barth » sur TF1, suivie par plus de dix millions de téléspectateurs. Dix millions oui. Une performance habitée, juste, magnétique, qui confirme ce que son apparition remarquée dans le film « Suprêmes » et le court-métrage « Mort dans le film », sorti il y a deux ans, laissait déjà entrevoir : Tuco Gadamn ne joue pas, il incarne. Il apporte à chaque rôle une densité humaine, une vérité brute qui crève l'écran.
Ce qui relie toutes ces facettes, c'est une authenticité rare. Tuco Gadamn est un artiste qui vit ce qu'il crée. Il ne suit pas les tendances, il suit son souffle. Et ce souffle, il nous le partage à nouveau avec l'EP « IRL », sorti le 9 janvier : un projet sincère, brûlant, ancré dans le réel, à l'image de son auteur.
Un EP qu'il vient justement vous faire découvrir dans le Ragga Dub Force Show sur RMP, ce vendredi de 22h30 à minuit. L'occasion idéale de plonger dans l'univers d'un artiste inclassable, libre, et résolument vivant.
Tuco Gadamn n'est pas une étiquette. Il est une vibration. Et elle ne fait que s'amplifier.

