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Elections municipales 2026 : Comment reprocher aux jeunes de déserter un système qui ne leur donne pas les clés pour agir ?

À la veille des élections, nous repartageons une intéressante tribune parue hier dans Le Monde. 

Dans une tribune au « Monde », un collectif de représentants politiques appelle les 18-30 ans à se rendre aux urnes lors des élections municipales des 15 et 22 mars, et encourage les responsables de tous bords à leur accorder des places éligibles, une condition essentielle à un réel renouveau démocratique.


Souvent accusés d’indifférence civique, de paresse démocratique, de désengagement générationnel et d’une propension à l’abstention, les jeunes sont rendus coupables de tous les maux de la vie politique. On oublie simplement de dire une chose essentielle : on ne leur donne presque jamais de place pour être élus.

A l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, nombre d’entre eux vont pourtant tracter, coller des affiches, animer des réseaux sociaux, motiver des électeurs, faire vivre des listes. Très peu seront en position éligible. Cependant, la représentation des jeunes dans les mandats locaux est actuellement faible, avec seulement 4,7 % des élus locaux en France qui ont moins de 35 ans, contre environ 12 % il y a vingt ans.

Alors que la majorité des listes se dévoilent, les jeunes candidats sont régulièrement relégués en bas de liste dans la plupart des communes, cantonnés aux rôles de suppléants ou utilisés comme caution de renouvellement. On leur demande de représenter la jeunesse, de la faire voter, d’animer des campagnes, mais on leur refuse l’action au sein des instances décisionnelles.


Dans le même temps, on s’inquiète de l’abstention massive des moins de 30 ans. On s’étonne qu’ils ne se sentent pas concernés. Mais comment leur reprocher de déserter un système qui ne leur donne pas les clés pour agir ?


L’excuse parfaite

La vérité est inconfortable pour tous les partis politiques. Le problème n’est pas seulement que les jeunes votent peu. C’est qu’on ne leur donne aucune raison concrète de croire que leur voix compte. Bien sûr, tout n’est pas la faute des appareils politiques. Oui, certains jeunes se désintéressent de la chose publique. Oui, l’engagement demande du temps, de l’énergie, des sacrifices. Oui, parfois, la politique dégoûte. Mais on ne saurait reprocher à une génération de ne pas croire à un jeu dont elle ne voit jamais les règles changer en sa faveur.

Les jeunes ne sont pas un quota. Ils sont une compétence politique. Ils portent des enjeux que beaucoup d’élus découvrent trop tard : logement inaccessible, précarité étudiante, urgence climatique, mobilités, participation citoyenne, rapport au travail, santé mentale… Leur maîtrise des outils, des usages, des codes transforme déjà la vie municipale. Les écarter des responsabilités n’est pas seulement injuste, c’est contre-productif.


Alors, aux jeunes de 18 à 30 ans : allez voter, portez votre voix. Même si vous doutez, que vous êtes en colère, ou que vous pensez que ça ne sert à rien. L’abstention est devenue l’excuse parfaite pour continuer à décider sans vous. Si vous militez, n’hésitez plus à demander une place éligible dans la liste de votre candidat.

Aux responsables politiques de tous bords : donnez des places éligibles aux jeunes. Pas pour les photos. Pas pour la communication, mais pour gouverner réellement. Le renouvellement démocratique ne se décrète pas dans des discours. Il se pratique dans la composition des listes. Une démocratie qui ne ressemble plus à sa jeunesse est une démocratie qui prépare sa propre crise de succession. Faites pleinement confiance à la jeunesse et ouvrez le dialogue.


Signataires : Xavier Iacovelli (Sénateur et candidat à Suresnes) ; Chanez Herbanne (Secrétaire nationale des jeunes chez Horizons et élue régionale) ; Celine Lewandowski (Secrétaire générale des jeunes démocrates) ; Flavien Cartier (Vice-président de l’association des jeunes élus de France et conseiller municipal) ; Grâce Lokimbango (DG en charge du congrès de rentrée de l’association des jeunes élus de France - Responsable du programme Elles osent et élue à Longjumeau) ; Nolan Dias-Tomaszower (Co-référent national de Place Publique jeunes) ; Emma Chlebowski (Co-référente nationale de Place Publique jeunes) ; Eva Rodrigues (Référente Place Publique Jeunes Ile de France) ; Baptiste Bezault (Président des Jeunes Radicaux) ; Paul Martin (Président de l’UEPR) ; Romain Vismara (Directeur de campagne d’Aurélien Veron - Changer Paris) ; Sibylle Cormier (Présidente du Parlement des Etudiants) ; Emma Constantin (Présidente de la Fédération Les Engagés !) ; Yossef Murciano (Président de l’UEJF) ; Nora Ounaha (Présidente de Perspectives Hexagonales) ; Alexandre Pastor (Fondateur de Melting Pot) ; Halima Delimi (Chef de file PS pour la Suisse) ; Nolan Barthel (conseiller municipal à Lunéville) ; Mathieu Benard (Délégué municipale Jeunes Horizons) ; Guillaume Lévêque (Secrétaire adjoint des Républicains d’Ille-et-Vilaine) ; Seymour Demoniere (Responsable départemental jeunes démocrates) ; Baptiste Dubost (Président des Républicains de la Nièvre et candidat à la ville de Nevers) ; Alexis Chanut (Délégué 10ème circonscription des LR du 31 et Colistier Liste « Ensemble préparons demain » pour Auzielle) ; Kamil Sahbatou (Chef de file PS pour les élections municipales à Dammarie-lès-Lys) ; Baptiste Peyraud (Candidat PS à Niort, animateur des jeunes PS des Deux-Sèvres) ; Mattéo Bucco (Coordinateur régional des jeunes en marche en Bretagne) ; Matys Gutierrez (Entrepreneur, communicant pour Pierre-Yves Bournazel) ; Eddy Lefaux (Ancien vice-président de l’association des jeunes élus de France).