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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Michael B. Jordan sacré meilleur acteur aux Oscars : une consécration méritée

Dimanche soir, lors de la 98e cérémonie des Oscars, l'acteur américain Michael B. Jordan a remporté la statuette du meilleur acteur pour son interprétation magistrale dans Sinners, réalisé par son fidèle complice Ryan Coogler. Une victoire qui a électrisé la salle — et que beaucoup attendaient depuis longtemps.

Un double rôle, une performance hors norme

Dans ce long métrage ambitieux, Jordan incarne deux frères jumeaux, Smoke et Stack, figures troubles de l'Amérique ségrégationniste des années 1930. Entre idéalisme et criminalité, les deux hommes ouvrent un bar clandestin au cœur du Mississippi à l'époque de la prohibition, avec un objectif qui dépasse le simple profit : offrir à leur communauté un lieu où l'alcool et le blues permettent d'oublier, le temps d'une nuit, les blessures profondes laissées par le racisme. Leur projet sera bientôt menacé par des créatures surnaturelles attirées par la musique — et c'est là que le film bascule dans quelque chose d'unique.

Incarner deux personnages distincts à l'écran, avec leurs propres rythmes, leurs propres silences, leur propre rapport au monde — Jordan le fait avec une aisance déconcertante. C'est cette dualité maîtrisée qui a emporté l'adhésion du public comme de l'Académie.

Sinners repart de cette cérémonie avec quatre Oscars, dont celui du meilleur scénario original pour Ryan Coogler — une double consécration pour le tandem.

Une victoire historique

À 39 ans, Michael B. Jordan rejoint un cercle très restreint d'acteurs noirs ayant obtenu l'Oscar du meilleur acteur. Avant lui, seuls cinq avaient reçu cette récompense : Sidney Poitier, Denzel Washington, Jamie Foxx, Forest Whitaker et Will Smith. En remontant sur scène, Jordan a rendu hommage à chacun d'eux, conscient du poids symbolique de ce moment.

Il devance ainsi Timothée Chalamet, longtemps considéré comme favori pour son rôle dans Marty Supreme.

L'acteur fétiche de Ryan Coogler

Cette récompense vient couronner l'une des collaborations les plus fécondes du cinéma américain contemporain. Depuis plus d'une décennie, Coogler a fait de Jordan son interprète de prédilection, lui confiant des rôles complexes, chargés de contradictions, souvent au bord du précipice moral.

On se souvient d'abord de Fruitvale Station, premier film du tandem, portrait déchirant d'Oscar Grant dans les dernières heures de sa vie — une performance d'une sobriété bouleversante qui avait déjà tout dit du potentiel de l'acteur.

"Puis est venu Creed, où Jordan incarne Adonis, fils illégitime du légendaire Apollo Creed — ami et rival de Rocky Balboa. Ce n'est pas un simple rôle d'héritier : c'est celui d'un homme qui doit conquérir sa légitimité, qui demande à l'ancien champion de lui transmettre non seulement la technique, mais une certaine idée de ce que signifie se battre. Jordan réussit le tour de force de faire exister un nouveau héros dans une franchise aussi chargée émotionnellement, sans que cela sonne jamais comme du fan service."

Mais c'est peut-être dans Black Panther que Jordan a offert sa performance la plus marquante avant Sinners. Son Killmonger n'est pas un méchant de comic book — c'est un personnage tragique au sens le plus classique du terme, celui qui a raison sur le fond et tort sur la méthode. À travers lui, le film cesse d'être un film de super-héros pour devenir un débat politique sur la diaspora africaine, la violence légitime et le prix de l'oubli. Sans Killmonger, Black Panther est un bon film. Avec lui, il devient inoubliable. C'est Jordan qui lui donne sa colonne vertébrale morale, et c'est Jordan que l'on retient.

Comme le résumait Coogler dans une interview au New York Times : « Dès que la caméra se pose sur lui, on s'intéresse immédiatement à ce qu'il fait. »

Des débuts modestes à la reconnaissance mondiale

Né en Californie, Michael B. Jordan a grandi à Newark, dans le New Jersey. Sa carrière débute très tôt grâce à sa mère, enseignante, qui l'oriente vers le mannequinat dès l'âge de 11 ans. Il fait ses premières armes à la télévision dans The Sopranos et Cosby, avant d'apparaître à 15 ans dans The Wire, où il joue un jeune délinquant tragiquement éliminé par son propre gang — un rôle bref, mais qui ne s'oublie pas.

Le cinéma lui ouvre ensuite ses portes, notamment avec Red Tails, consacré aux premiers pilotes noirs de l'armée américaine, puis le rôle de la Torche humaine dans Fantastic Four (2015). Mais c'est avec Coogler que tout s'emballe.

Une carrière sous contrôle

Aujourd'hui, Michael B. Jordan ne se contente plus d'être acteur. Producteur, réalisateur — il a coproduit Just Mercy et Without Remorse, et signé lui-même Creed III derrière la caméra. Son prochain projet en tant qu'acteur, The Thomas Crown Affair, est attendu pour 2027, dans le rôle du célèbre gentleman cambrioleur popularisé par Steve McQueen puis Pierce Brosnan.

Après près de trente ans de carrière, l'Oscar n'est pas une arrivée. C'est une confirmation.