À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Michelin 2026 : les outre-mer tiennent leur rang

Le palmarès 2026 du Guide Michelin, dévoilé lundi 16 mars à Monaco, confirme une tendance de fond : la montée en puissance des talents ultramarins dans la haute gastronomie française. Sur les 668 tables récompensées cette année, plusieurs figures issues des territoires d'outre-mer continuent d'imprimer leur signature, entre héritage, innovation et affirmation identitaire.

Une première étoile au goût de promesse

Parmi les distinctions marquantes, celle du chef guadeloupéen Anthony Denon attire particulièrement l'attention. À la tête du restaurant Shanael, ouvert en 2025 à Toulon, il décroche une étoile pour sa première table personnelle — et ce, en seulement quelques mois d'existence. Une reconnaissance rapide qui souligne la pertinence de son approche culinaire, centrée sur le végétal comme matière gastronomique à part entière, dans une dynamique où cuisine durable et sensorialité dialoguent sans effacer les racines.

La confirmation d'une cuisine du territoire

Du côté de Kelly Rangama, la trajectoire se stabilise dans l'excellence. Sa table, Le Faham, conserve l'étoile obtenue en 2020. Installée à Paris, la cheffe continue de porter haut les couleurs de La Réunion à travers une cuisine profondément ancrée dans son île natale. Produits ultramarins, épices, textures et récits culinaires composent une partition singulière, où la mémoire devient un vecteur de modernité.

Une constance martiniquaise au sommet

La Martinique reste également solidement représentée. Le chef Louis-Philippe Vigilant maintient les deux étoiles de La Côte d'Or, au sein du Relais Bernard Loiseau à Saulieu — une maison dont il a repris les rênes en 2023, perpétuant l'héritage tout en imposant progressivement sa propre vision. Une régularité qui témoigne d'une maîtrise technique et d'une vision gastronomique pleinement installée.

Même stabilité pour Marcel Ravin, figure incontournable de la scène culinaire caribéenne en Europe. Installé à Monaco, il conserve ses distinctions : deux étoiles pour le Blue Bay et une étoile pour Elsa. Sa cuisine, souvent décrite comme un pont entre la Caraïbe et la Méditerranée, continue de séduire par sa précision et sa créativité.

Une hiérarchie toujours verrouillée au sommet

À noter enfin que l'édition 2026 reste particulièrement sélective au plus haut niveau : un seul établissement accède cette année aux trois étoiles, le restaurant Les Morainières, situé en Savoie.

Une visibilité accrue pour les cuisines ultramarines

Au-delà des distinctions individuelles, ce palmarès confirme une évolution structurelle. Ils ne sont encore que quatre — Ravin, Vigilant, Rangama, Denon — mais leur présence durable dans la sélection Michelin dit quelque chose de réel : les cuisines issues des outre-mer ne sont plus perçues comme périphériques. Elles s'inscrivent désormais dans le paysage gastronomique français, en apportant de nouvelles grilles de lecture — culturelles, agricoles et esthétiques.

Cette reconnaissance dépasse le cadre culinaire. Elle participe d'un mouvement plus large de valorisation des identités, des territoires et des héritages longtemps marginalisés. Dans l'assiette comme dans la musique, il s'agit toujours de la même dynamique : faire entendre des voix singulières, capables de transformer le récit dominant.