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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Tsitakakantsa, le plus grand Baobab de Madagascar est en train de mourir

Âgé de 900 ans, ce géant végétal sacré de la forêt d'Andombiry agonise. La faute aux pluies diluviennes, aux bactéries, et à un dérèglement climatique qui frappe de plein fouet le sud-ouest malgache.

Son nom signifie en malgache : « Si tu chantes d'un côté du tronc, ton chant ne peut pas être entendu de l'autre côté. » Tsitakakantsa, le plus grand baobab jamais répertorié à Madagascar, est en train de mourir. L'une de ses branches maîtresses vient de s'effondrer — signal sans équivoque pour les spécialistes. Un monument du monde végétal, vieux de neuf siècles, s'apprête à retourner à la terre.

Un colosse de 29 mètres de circonférence

Tsitakakantsa est un Adansonia grandidieri, l'une des six espèces de baobabs endémiques de Madagascar parmi les sept présentes sur l'île. La planète n'abrite en tout que huit espèces de baobabs. Celui-ci pousse dans la forêt d'Andombiry, à deux heures de piste de la ville de Morombe, dans le sud-ouest aride de la Grande Île — une région déjà fragilisée par la pauvreté et les aléas climatiques.

« Sa taille est de 29 mètres de circonférence, ce qui est énorme », souligne le biogéographe Cyrille Cornu, spécialiste des baobabs malgaches. L'âge de l'arbre — 900 ans — a été estimé par le scientifique roumain Adrian Patrut. Précision utile : Tsitakakantsa est le plus gros baobab jamais mesuré sur la Grande Île, mais pas le plus vieux. Ce titre revient à un autre spécimen âgé de 1 600 ans.

Sacré depuis 2018, source de revenus pour Morombe

Les habitants des environs ont sacralisé l'arbre en 2018, l'année où sa taille record a été officiellement établie. Depuis lors, toute visite obéit à un protocole : offrir du rhum, du miel et d'autres présents avant de pouvoir l'approcher, le toucher. Un rapport au vivant qui dit beaucoup de la place qu'occupe le baobab dans les cosmogonies du sud malgache.

Au-delà du symbolique, Tsitakakantsa était devenu une attraction touristique modeste mais réelle dans une région qui en a peu. Une source de revenus qui disparaîtra avec lui.

Les pluies diluviennes ont eu raison du géant creux

Lors d'une visite en octobre dernier, Cyrille Cornu avait noté des signaux alarmants : une forte odeur de moisissure, un liquide noirâtre suintant de l'écorce. Son diagnostic s'est depuis confirmé. « La tempête tropicale Jude est passée dans le secteur en mars 2026. Comme ce baobab est creux et qu'il présente une ouverture au sommet, je pense que les pluies diluviennes ont rempli l'intérieur de la cavité. L'eau n'ayant pas pu s'évaporer, il a dû subir les attaques de bactéries, de champignons », explique le scientifique.

La chute d'une branche maîtresse est venue confirmer ses craintes. « C'est l'indicateur typique de la mort imminente d'un baobab. C'est triste, c'est un monument du monde végétal qui est en train de disparaître, une plante extraordinaire, unique », regrette Cornu.

D'ici trois ans, il n'en restera rien

Le processus est désormais irréversible. Tsitakakantsa va se fragmenter progressivement, et selon les estimations, disparaître totalement d'ici trois ans. Neuf cents ans d'existence, effacés en une génération humaine — dans une région qui n'a pas les moyens de pleurer longtemps ce qu'elle perd.

La mort de ce baobab n'est pas qu'un fait divers naturaliste. C'est le récit d'un territoire qui absorbe, seul, les conséquences d'un dérèglement qu'il n'a pas provoqué.