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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Rasé de force en prison pour sa foi rastafari, la Cour suprême refuse toute sanction contre les gardiens qui lui ont coupé les dreadlocks

La plus haute juridiction américaine vient de fermer la porte à toute réparation financière pour un détenu rastafari dont les dreadlocks ont été rasées de force en prison. Une décision qui illustre les limites structurelles de la protection des droits religieux derrière les barreaux.

En 2020, Damon Landor entre dans le centre correctionnel Raymond Laborde de Cottonport, en Louisiane, avec ses dreadlocks et une arme juridique dans la poche : la copie d'un arrêt de cour d'appel établissant explicitement que couper les locks d'un détenu religieux contrevient à la loi fédérale. Un gardien lui arrache le document des mains et le jette à la poubelle. Le directeur de la prison ordonne ensuite que Landor soit plaqué au sol par deux agents pendant qu'un troisième lui rase la tête.

Cinq ans plus tard, la Cour suprême des États-Unis a donné raison à ceux qui ont perpétré cet acte.

6 contre 3 : le texte de la loi prime sur la justice

Mardi 23 juin 2026, la Cour suprême a statué par six voix contre trois qu'une loi fédérale protégeant les droits religieux des détenus — le Religious Land Use and Institutionalized Persons Act (RLUIPA) — ne permettait pas d'engager la responsabilité financière des agents pénitentiaires à titre individuel. En termes simples : Landor n'a aucun recours en dommages-intérêts contre les responsables qui ont violé ses droits.

La majorité, sous la plume du juge Neil Gorsuch, s'est réfugiée derrière la lettre du texte : rien dans la loi, a-t-il écrit, n'autorise ce type de poursuites contre des individus. La Cour a également refusé d'appliquer le raisonnement d'une décision de 2020 qui avait permis à des hommes musulmans de poursuivre le FBI pour leur inscription sur la liste d'interdiction de vol, en vertu d'une loi comparable.

Personne, dans cette décision, ne défend ce qui a été fait à Landor. Mais condamner moralement et refuser toute sanction juridique, c'est précisément ce que dénonce la juge Ketanji Brown Jackson dans sa dissidence cinglante, rejointe par ses deux collègues progressistes : sans possibilité de réparation financière, les responsables de prisons d'État ont peu d'incitations à respecter la loi fédérale. « Il est rare qu'un événement réel illustre aussi clairement les raisons pour lesquelles le Congrès a adopté une loi », écrit-elle — et la sagesse constitutionnelle qui la sous-tend.

L'identité spirituelle rasée, l'impunité préservée

Pour les rastafari, les dreadlocks ne sont pas une coiffure. Elles sont l'expression physique d'une foi, un pacte avec le divin, un refus de soumettre le corps aux normes du système dominant — celui-là même qui incarcère. Nées dans la Jamaïque des années 1930 en réponse à l'oppression coloniale, portées à travers le monde dans les années 1970 par Bob Marley et Peter Tosh, les locks incarnent une résistance culturelle et spirituelle pluridécennale.

Raser celles d'un détenu de force, c'est donc lui infliger une double violence : physique et symbolique. C'est effacer une identité que l'État est censé protéger.

Ce qui rend l'affaire Landor particulièrement accablante, c'est son caractère délibéré et documenté. Il s'est présenté avec le droit en main. Les deux premiers établissements pénitentiaires l'ont respecté. C'est le troisième, en fin de peine, qui a choisi la brutalité. Et c'est ce choix-là — sciemment illégal, matériellement établi — qui restera sans réparation judiciaire.

La Louisiane a indiqué avoir depuis modifié sa politique interne pour qu'une telle situation ne se reproduise pas. Louable, sans doute. Mais une circulaire administrative n'est pas une réparation. Et l'absence de sanction financière individuelle, comme le souligne Jackson, envoie un signal clair aux geôliers de demain.

Ce que cette décision dit de l'Amérique

Il y a une ironie cruelle dans le fait que le ministère de la Justice de Donald Trump — qui s'était opposé aux détenus dans l'affaire de la liste d'interdiction de vol — s'était cette fois rangé du côté de Landor. Même cette alliance improbable n'a pas suffi.

La décision de la Cour suprême ne dit pas que ce qui a été fait à Damon Landor était acceptable. Elle dit quelque chose de plus inquiétant : que le droit peut reconnaître une violation sans offrir de recours. Que les corps noirs et rastafari peuvent être maltraités derrière les murs, et que la loi servira à nommer l'injustice sans jamais la punir.

Pour les communautés rastafari, pour les organisations de défense des droits des détenus, et pour tous ceux qui comprennent ce que représentent les locks, cette décision est une gifle juridique de plus dans une longue série.


Sources : Associated Press