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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Forêts tropicales : 100 millions contre les incendies, mais pas pour toutes les forêts

Un nouveau fonds de 100 millions de dollars vise à mieux détecter et éteindre les feux en Amérique du Sud. Il a été lancé pendant que l'Amazonie brûlait, en pleine Semaine du climat de New York. Un rapport de l'ONU publié le même jeudi chiffre à 66,8 milliards de dollars le manque à gagner pour protéger les forêts tropicales d'ici 2030. Le bassin du Congo et l'Asie du Sud-Est restent, une fois de plus, au bord du tableau.

Un fonds pensé pour une seule région

L'annonce a été faite à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies. Deux organisations à but non lucratif américaines, Renaissance Philanthropy et Conservation X Labs, pilotent un fonds destiné à financer la détection et la réponse aux feux de forêt en Amérique du Sud. Il repose sur 30 millions de dollars de la Fondation Gordon et Betty Moore et 5 millions de la Fondation David et Lucile Packard. Il recherche donc encore 65 millions pour atteindre son objectif. Le fonds s'appuie sur des dispositifs qui ont fait leurs preuves : une brigade de pompiers autochtones qui fonctionne depuis quinze ans en Bolivie, et un réseau de caméras de détection au Brésil.

Le choix est assumé, mais il a un coût. Les vastes forêts d'Afrique et d'Asie du Sud-Est sont exclues du dispositif. Bhima Yudhistira, directeur du Centre d'études économiques et juridiques (CELIOS), basé à Jakarta, juge ce périmètre « une grave erreur » : les feux de forêt sont un problème mondial, et de nombreuses régions tropicales ont besoin de solidarité internationale.

Ce qui brûle en Asie du Sud-Est

L'Indonésie traverse l'une de ses pires saisons d'incendies. Selon les estimations de CELIOS, les feux de janvier à août coûtent au pays entre 40 et 123 billions de roupies en pertes économiques et sanitaires, soit environ 2,2 à 6,8 milliards de dollars. La fumée a entraîné l'annulation de cours et la perturbation de vols, et inquiète la Malaisie, Singapour, le Brunei et les Philippines. L'aide internationale a jusqu'ici été fragmentaire. Un expert indonésien de la gestion des feux plaide pour que la communauté internationale soutienne enfin les efforts d'extinction.

Le Congo, grand oublié des budgets

Le rapport du Réseau des solutions pour le développement durable des Nations Unies pose le cadre. Protéger et restaurer les forêts tropicales, et développer l'agroforesterie durable, exigerait 66,8 milliards de dollars supplémentaires d'ici 2030. En 2023, le financement n'a atteint que 14,6 milliards. La répartition est jugée inégale et mal coordonnée.

Le bassin du Congo, premier puits de carbone de la planète, ne reçoit que 11 % des financements internationaux, et l'aide étrangère devrait encore reculer de 15 % cette année. L'Amazonie, le bassin du Congo et Bornéo abritent près de 80 % des forêts tropicales restantes. Autrement dit, la ressource climatique la plus précieuse du continent africain est aussi l'une des moins financées.

Lee White, coauteur de l'étude et ancien ministre gabonais de l'Environnement, y voit un échec du système politique. Les cycles électoraux de quatre à cinq ans découragent les gouvernements d'investir des milliards contre un problème dont ils jugent qu'il ne s'aggravera que dans des décennies. Beaucoup de pays riches, dit-il en substance, préfèrent s'adapter aux effets du dérèglement plutôt que de payer d'emblée pour les atténuer.

Une question d'échelle et de géographie

Il faut regarder les ordres de grandeur. Même atteint, le fonds sud-américain représenterait moins de 0,2 % du besoin de financement chiffré par l'ONU. Et le programme « Forêts tropicales pour toujours », lancé au sommet climatique de l'ONU au Brésil l'an dernier pour financer la préservation des forêts dans les pays en développement, peine à atteindre son objectif initial de 10 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.

Reste la question que cette annonce pose sans la formuler. Une philanthropie privée n'est pas tenue de couvrir le monde entier, et Alex Dehgan, patron de Conservation X Labs, a raison de rappeler que l'Amazonie ne brûle pas toute seule : presque chaque incendie y est le fruit d'une décision humaine, et donc peut être évité par d'autres décisions. Mais quand les fonds les plus visibles se concentrent sur une région, les forêts d'Afrique centrale et d'Asie du Sud-Est apprennent à compter sur d'autres sources. Or ces sources, elles, reculent. Le climat est présenté comme une cause commune. Sa géographie budgétaire, elle, reste très inégale.