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Tuco Gadamn : l'incandescence d'un artiste total

(photo by Pearo Photography) Il est des artistes qui naissent d'une école. Et puis il y a ceux qui naissent d'une culture. Tuco Gadamn est de ceux-là. Rasta de la nouvelle génération, nourri dès l'origine par la chaleur des sound systems, il porte en lui cette tradition vivante où la musique n'est pas un produit mais un feu que l'on transmet. Un feu qu'il sait attiser comme peu d'autres aujourd'hui. Anciennement connu sous le nom de Natty aux côtés de Rohff dans « Le son qui tue », Tuco s'est ensuite révélé avec sa propre identité musicale, fusionnant le dancehall et le hip-hop. Après la sortie de son premier EP « Gadamn », suivi d'une version Deluxe en 2020, il poursuit son ascension avec une authenticité qui ne faiblit jamais. Rappeur incandescent, il manie le verbe avec une aisance qui force le respect. Ce n'est pas un hasard s'il est devenu, après le départ de Kool Shen, le binôme naturel de Joey Starr avec « Caribbean Dandee » : même...

Face au “budget du silence”, le secteur de la culture tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme

 

Le silence peut parfois être plus assourdissant que les discours. C’est précisément ce que dénoncent, une nouvelle fois, les acteurs et actrices du secteur culturel et de l’économie sociale et solidaire. Dans une tribune adressée à la ministre de la Culture, rédigée dans le cadre de la MCAC – Mobilisation et Coopération Art et Culture, plus de cinquante organisations professionnelles alertent sur l’aggravation de la situation budgétaire et l’absence persistante de réponse politique.

Début décembre, une première tribune intitulée « Le budget du silence », initiée par Les Locales, avec le soutien de la Férarock et de Radio Campus France, avait déjà largement circulé. Signée par plus de soixante réseaux, fédérations et structures professionnelles, elle pointait la fragilisation croissante du secteur culturel citoyen. Malgré son large écho, aucune réponse officielle n’est venue ni du ministère de la Culture, ni de celui de l’Économie et des Finances. Depuis, selon les signataires, les signaux budgétaires se sont encore détériorés (voir la Tribune du 20/01/2026).

Les annonces de baisses de crédits frappent de plein fouet un écosystème déjà fragilisé : associations culturelles, radios associatives, lieux intermédiaires, festivals, structures d’éducation artistique et culturelle, et plus largement l’ensemble du champ de l’économie sociale et solidaire. Pour les organisations signataires, ces choix budgétaires menacent directement l’existence même d’un tissu culturel associatif qui joue pourtant un rôle central dans la cohésion territoriale, la vitalité démocratique et l’accès à la culture pour toutes et tous.

Pourtant, le débat parlementaire autour du projet de loi de finances 2026 a montré qu’une autre trajectoire était possible. De nombreux parlementaires, toutes sensibilités confondues, se sont mobilisés pour défendre le secteur culturel. Des amendements transpartisans ont été déposés afin de renforcer le budget de la culture, soutenir les festivals et les lieux intermédiaires, sécuriser l’été culturel, déplafonner les taxes affectées au Centre national de la musique (CNM), élargir le plan MPMD au-delà des seuls réseaux labellisés, ou encore créer un fonds de sauvegarde pour les politiques culturelles territoriales.

Des avancées notables ont également été votées : le maintien de l’enveloppe du FSER (Fonds de soutien à l’expression radiophonique) au niveau de 2025, face au projet de coupe visant les radios associatives, adopté par le Sénat ; ou encore le relèvement des montants du FONPEPS, dispositif clé d’aide à l’emploi dans le spectacle, validé par la commission des finances de l’Assemblée nationale en nouvelle lecture.

Mais ces signaux positifs sont aujourd’hui fragilisés par les arbitrages gouvernementaux. Le décret relatif au FONPEPS, publié le 30 décembre 2025, cristallise particulièrement les inquiétudes. S’il reconduit formellement le dispositif pour trois ans, il entérine dans les faits une réduction de près de moitié de son budget, assortie d’une baisse des niveaux d’aide et de nouvelles conditions d’accès. Une décision prise sans concertation avec les organisations professionnelles, alors même que les besoins du secteur sont estimés à près de 60 millions d’euros.

Les conséquences annoncées sont lourdes : impact direct sur l’emploi artistique et culturel, fragilisation des équipes, recul de la présence culturelle dans les territoires, notamment les plus ruraux ou les plus précaires. À cela s’ajoutent les inquiétudes liées aux baisses des programmes 131 (création) et 361 (démocratie culturelle) du ministère de la Culture, qui laissent présager des arbitrages difficiles au niveau des DRAC, avec un risque accru de disparition de dispositifs essentiels pour les structures les plus fragiles.

À l’approche des élections municipales, les signataires de la tribune appellent l’État à envoyer un message clair aux collectivités : les politiques culturelles d’intérêt général ne doivent plus être affaiblies, mais au contraire protégées et renforcées. Ils demandent à la ministre de la Culture d’assumer une ambition budgétaire à la hauteur des enjeux, en cohérence avec les attentes exprimées par le Parlement et les réalités du terrain.

« Nous attendons des actes forts, des engagements précis, des décisions concrètes et des réponses publiques », écrivent-ils. Et de conclure par une question qui résonne bien au-delà du secteur culturel : le gouvernement choisira-t-il de rester silencieux face à l’ampleur de la crise, ou d’entendre enfin les alertes massives de celles et ceux qui font vivre la culture au quotidien ?

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