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Tuco Gadamn : l'incandescence d'un artiste total

(photo by Pearo Photography) Il est des artistes qui naissent d'une école. Et puis il y a ceux qui naissent d'une culture. Tuco Gadamn est de ceux-là. Rasta de la nouvelle génération, nourri dès l'origine par la chaleur des sound systems, il porte en lui cette tradition vivante où la musique n'est pas un produit mais un feu que l'on transmet. Un feu qu'il sait attiser comme peu d'autres aujourd'hui. Anciennement connu sous le nom de Natty aux côtés de Rohff dans « Le son qui tue », Tuco s'est ensuite révélé avec sa propre identité musicale, fusionnant le dancehall et le hip-hop. Après la sortie de son premier EP « Gadamn », suivi d'une version Deluxe en 2020, il poursuit son ascension avec une authenticité qui ne faiblit jamais. Rappeur incandescent, il manie le verbe avec une aisance qui force le respect. Ce n'est pas un hasard s'il est devenu, après le départ de Kool Shen, le binôme naturel de Joey Starr avec « Caribbean Dandee » : même...

Marcia Griffiths, une voix d’or honorée par l’Université des Antilles

Figure majeure de l’histoire du reggae, Marcia Griffiths vient de recevoir un doctorat honoris causa décerné par l’Université des Antilles (University of the West Indies), campus de Mona. Une reconnaissance académique et institutionnelle à la hauteur d’un parcours artistique exceptionnel, profondément ancré dans l’identité jamaïcaine et caribéenne.

Connue du grand public comme l’une des choristes emblématiques de Bob Marley, au sein du légendaire trio des I-Threes aux côtés de Rita Marley et Judy Mowatt, Marcia Griffiths est bien plus qu’une voix d’accompagnement. Elle est l’une des rares artistes féminines à avoir traversé, façonné et porté le reggae sur plusieurs décennies, de l’ère ska et rocksteady jusqu’au reggae roots et au-delà.

Lors de la cérémonie, l’artiste a tenu à exprimer sa « plus profonde gratitude » à l’Université des Antilles, saluant le chancelier, le vice-chancelier, le conseil universitaire, le corps professoral et l’ensemble du personnel pour cet honneur. Un moment qu’elle a souhaité partager avec la promotion sortante, soulignant le privilège d’être à leurs côtés « en ce jour si important », dans un geste de transmission et de reconnaissance mutuelle.

Marcia Griffiths a également adressé ses remerciements à Olivia Grange, ministre jamaïcaine de la Culture, de l’Égalité des genres, du Divertissement et des Sports, dont le soutien constant aux artistes et au patrimoine culturel du pays n’est plus à démontrer. À sa famille et à ses proches, elle a rendu hommage pour leur amour, leur patience et leur confiance, piliers silencieux mais essentiels de son parcours.

Dans un discours empreint d’humilité, l’artiste a rappelé que cette distinction dépasse sa personne. Cet honneur, a-t-elle déclaré, appartient aussi à son cheminement, à sa musique, au peuple jamaïcain et à l’ensemble des Caraïbes, qui ont nourri, inspiré et célébré son travail au fil des années. Une manière claire d’inscrire sa réussite dans une histoire collective, fidèle à l’esprit du reggae.

À travers cette distinction, c’est toute une génération d’artistes caribéens — et en particulier les femmes du reggae, longtemps reléguées à l’ombre — qui se voit symboliquement reconnue. Marcia Griffiths incarne cette voix féminine forte, constante et internationale, qui a contribué à faire du reggae un langage universel de dignité, de résistance et d’unité.

En honorant Marcia Griffiths, l’Université des Antilles célèbre non seulement une carrière musicale exemplaire, mais aussi une mémoire vivante de la culture caribéenne. Une voix qui, depuis plus d’un demi-siècle, continue de résonner bien au-delà des scènes et des studios, comme un héritage transmis aux générations présentes et à venir.