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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Elle a répertorié les bénéficiaires français d’indemnités post-esclavage

Jessica Balguy, docteur en histoire, s'intéresse aux réparations accordées aux propriétaires d'esclaves après la deuxième abolition de l'esclavage en France. Après de nombreuses années de recherche, elle propose au monde scientifique et au grand public un site internet, comprenant une base de données qui recense tous ceux qui ont bénéficié de ces "compensations", dont les propriétaires d'esclaves noirs. 

Le Festival International du Film des Droits de l'Homme de Guadeloupe se déroule actuellement au Monument ACTe. Dans le cadre de cet événement, prévu du 13 au 20 octobre 2023, ont eu lieu samedi dernier les « MACTe Talks ». L'un des thèmes développés est « La question noire dans les universités françaises ». Jessica Balguy a participé à cette conversation. 

Ce jeune docteur en histoire,  de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, a présenté sa base de données et ses recherches sur les réparations coloniales versées aux maîtres coloniaux, anciens esclaves dans les colonies françaises. 

Pour rappel, après la seconde abolition de la traite négrière en 1848, la France a fourni de l'argent aux planteurs dits « privés du droit de vote » de leurs esclaves, à travers une loi du 30 avril 1849, et le décret d'application de cette loi du 24 novembre 1849. 126 millions de francs devaient leur être versés directement ou sous  forme de rentes ; une énorme somme d'argent à cette époque. 

Ce thème fait l'objet de la thèse de doctorat de Jessica Balguy, « Les réparations pour l'esclavage en 1848 ? L'heure du jugement pour les esclavagistes noirs de la Martinique », soutenue en septembre dernier, sous la direction de Myriam Cottias. 

C'est aussi le thème de son ouvrage publié en octobre 2020 : 

« Les réparations pour l'esclavage en 1848 ? Débats dans l'Empire français du XIXe siècle » (Editeur : Karthala CIRESC). 

Jessica Balguy est l'auteure de « Compensation de l'esclavage en 1848 ? - Octobre 2020


Pour boucler la boucle, l'historienne a  créé une base de données en ligne répertoriant tous les propriétaires d'esclaves français  ayant reçu une compensation en Haïti en 1825 puis en 1849 au sein de l'Empire français.  Jesica Balguy a ainsi consacré plusieurs années à ce travail approfondi avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ; un travail salué par ses collègues. 

"Les universitaires peuvent consulter cette base, pour trouver des acteurs historiques sur lesquels ils travaillent eux-mêmes et aussi la société civile qui est curieuse de connaître cette histoire, de retrouver des personnalités (...)."
Jessica Balguy, docteure en histoire

Cette base de données est à consulter > en cliquant ici.

Membre de l’Agence nationale de la recherche (ANR) REPAIRS (Réparations, compensations et indemnités au titre de l'esclavage – Europe/Amérique/Afrique - XIXe-XXIe siècle), Jessica Balguy a également participé à l’élaboration du lexique des réparations de l'esclavage, publié en 2021, sous la direction de Magali Besonne et Myriam Cottias.

La docteure Jessica Balguy poursuit ses recherches à l’Université Carnegie-Mellon de Pittsburgh, en Pennsylvanie (Etats-Unis).