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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

FOCUS : Katwaly, artiste indépendant hors normes

C'est un massive un peu particulier que nous souhaitons vous présenter aujourd'hui : Katwaly. Un artiste aux multiples talents et activités pour lequel il nous a paru intéressant de ne pas se limiter à une simple interview faisant la promotion de sa tournée dans l'hexagone. Nous l'avons accueilli chez Yardies, à l'agence, pour bien prendre le temps de le découvrir. Édifiant !

Ce chanteur totalement indépendant, actif dans le paysage reggae depuis une quinzaine d'années, sillonne aujourd'hui le pays pour faire découvrir sa musique, sa passion, ses convictions. Il se produit ici et là, date après date, avec la même envie, la même détermination à diffuser son message positif de cette voix douce qui n'est pas sans rappeler une certaine Sade dans son côté suave. 

Mais attention, ne vous y trompez pas, cette apparente douceur renferme un caractère bien trempé qui vaut à Katwaly le surnom de Faya Ball. Et pour cause, ce multi-instrumentiste est un insatiable stakhanoviste autodidacte qui mène sa carrière comme il l'entend avec une rigueur qu'on pourrait qualifier de militaire tant il s'impose une discipline de fer à lui même pour ne pas s'endormir sur ses lauriers. 

Il nous confie simplement être débordé par les projets et ne pas avoir le temps de donner de la valeur à toutes ses créations. En effet, à ce jour, son ordinateur renferme plus de 15 albums non édités, ce qui lui confère un vaste répertoire qui surprend toujours lorsqu'il se produit sur scène. 

La scène qui révèle cet hyperactif en apparence timide et donne plaisir à écouter ses rimes en créole pour faire honneur à son île et ses origines réunionnaises. Sa passion est tellement communicative que Katwaly parvient même à faire chanter Ironleg en créole sur le titre "Jah Childen". 

Il joue de tous les instruments de musique

Mais ce qui nous a frappé lors de cette rencontre, c'est cette humilité à se cantonner à un rôle de chanteur quand on découvre l'immense étendue de son talent. Car au-delà d'un interprète, Katwaly s'avère être son propre tourneur, éditeur et producteur. Bien que cela soit admirable tant les tâches sont multiples et variées, rien de très original jusqu'ici diront les indépendants qui font de même. C'est justement à cette objection qu'il nous dévoile alors qu'il joue aussi de tous les instruments de musique excepté de la batterie, et des cuivres. Ce qui lui permet de pouvoir composer et de jouer dès qu'un instrument se présente à lui. Il enregistre ainsi, piste après piste, sur les centaines de titres qu'il a en stock dans son ordinateur, les accompagnements et arrangements qu'il imagine au gré de la vibe qui l'habite. Tout est fait avec le coeur, de façon intimiste et précise, de l'orfèvrerie artisanale. 

"J'ai une idée en voiture, j'enregistre la voix le soir à l'hôtel, je complète ensuite avec les instruments, jusqu'à obtenir ce que j'avais en tête au départ. Des fois ça peut prendre du temps, soit parce que je pense à la sonorité de certains instruments que je n'ai pas avec moi comme un tambour ou un valiha, soit parce que je suis pris aussi par mes autres activités."

Ces activités annexes, il n'en fait pas grand cas, il faut lui tirer les vers du nez habilement pour qu'il se confie davantage. Katwaly nous lâche alors quelques mots sur les cours de tambours ou les cours de chant qu'il dispense à des enfants au pays. Ce qui, en plus de son activité personnelle, remplit bien son emploi du temps sans qu'il ait besoin d'en faire la publicité. Humilité et don de soi, on adore et on a hâte de le voir à la manoeuvre avec une basse, un piano ou un de ces gamins qu'il coache. 

Il clôt ce chapitre altruiste d'un sourire humble, presque gêné, comme s'il ne voulait pas en dire trop sur lui de peur qu'on le prenne pour un illuminé. Et revient sur son activité : "cette connaissance des instruments m'a servi aussi à ouvrir mon horizon musical, je ne suis pas cantonné qu'au reggae, je produis aussi beaucoup d'instrus, dans plein de styles différents."

Pour terminer, il insiste pour remercier toutes les personnes qui l'ont accueillies ici en France et particulièrement Mathieu Ruben qui lui a donné l'opportunité de se produire à Paris cet été lors des Chill & Dance Summer Party : "En 15 ans de carrière, c'était la première fois que j'étais invité à jouer à Paris, donc un grand merci à Mathieu Ruben pour ça."

Serein, déterminé, sûr de sa force et de ce qu'il fait, Katwaly repart sur les routes en nous laissant cette impression d'avoir rencontré un artiste hors normes. Il poursuit sa tournée hexagonale jusqu'à l'hiver naissant, au gré des invitations et des contacts noués. Puis il s'en retournera à La Réunion où l'attend sa famille, et où il achèvera, pour notre plus grand plaisir,  un de ses albums enfermés dans son ordi. 

Big up Fayaball et bonne continuation. 

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