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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

La culture reggae n'ose plus briser le silence


C’est un silence abyssal, inquiétant, comme un signe de la mauvaise santé ou annonciateur d’un glissement de notre culture, de ses valeurs, des combats qu’elle a toujours porté et qui lui ont été reconnus comme dignes. En y regardant de plus près, on découvre de la peur parmi ses protagonistes. La peur de la polémique fatale. Fatale dans cette course au buzz, ce besoin de n’exister que par des chiffres flatteurs et volatiles. Pourtant, c’est particulièrement là, en ces moments graves où l’ont entend tout et son contraire s’empoigner de façon grégaire pour nous inculquer une opinion unique qu’il serait brillant d’oser. Oser parler. Oser donner son opinion. Oser exprimer un désaccord. Oser dénoncer fort. Faire du reggae.


En est-on à oublier que la culture reggae toujours été une voix qui s’élève pour les opprimés? C’est d’ailleurs à ce titre, nous aimons fièrement à le répéter que le Reggae a été élu patrimoine mondial de immatériel de l’Unesco. L’oublier serait le renier.  Où sont les « Soul Rebels » censés ne jamais « give up the fight » ? Ne ferait-on plus du Reggae que pour avoir l’air cool en fumant du CBD ? Pourquoi ce silence ? Sommes-nous en train d’assister à une sorte de conversion de cette musique de combat ? Les molécules de peace and love sont elles en train d’étouffer peu à peu la fibre militante de notre rebel music ? Ou sont-ce les effets du « chacun pour soi » dont nous constatons soudainement les effets feutrés ? 


Ce n’est pas faute d’avoir matière à s’exprimer ! Et pourtant, pas un lyrics.

Israël vs. Palestine. Arménie vs. Azerbaïdjan. Iran vs. Les Femmes. Ukraine vs. Russie. Yemen vs. Arabie saoudite. Taïwan vs. China. Ah vous ne vous sentez pas concernés ? Regardons du côté de l’Ethiopie et de l’Érythrée alors, ou Congo et les grands lacs, sinon au Sahel ou en Haïti alors. Toujours rien à dire ? Affligeant. 

Au fait, comment vont les Ouïghours ? Et les Rohingas ? Les populations privées d’eau potable à Mayotte ou en Guadeloupe ? Les déboutés du Chlordécone ? Les nucléarisés de Tahiti ? Et ces bénévoles à qui ont interdit désormais de distribuer de la nourriture aux plus démunis? Ah c’est plus compliqué que de clamer qu’on a la vibe hein ? C’est pourtant bien la mission reconnue du reggae, non ? Etre une voix qui défend les opprimés contre les oppresseurs quels qu’ils soient. C’est bien pour cela que les noms et les lyrics d’artistes ont ces consonances guerrières, incendiaires et conquérantes. Pas uniquement pour s’autoproclamer roi d’un de la playlist de quelques uns. 

Quel espoir reste-t-il à ses peuples opprimés s’ils n’ont même plus une voix pour rappeler leur existence, leur combat? On le sait bien que ce ne sont pas les médias mainstream qui vont faire le job… 


Ces médias mainstream qui parlent tous d’une même voix, ne laissant la place à aucune contestation, arborant la menace de l’antisémitisme à la moindre dissidence. Et c’est précisément cette accusation qui effraie nos artistes, bien éduqués par le cas DIeudonné...

 

Mais alors pour ou contre ? Voici la question piège qui effraie artistes et médias reggae.


Mais comment, en tant que militant reggae, peut-on être taxé d’antisémitisme alors qu’un des combats premiers est le retour sur leurs terres de Falashas ? À moins de n’être effectivement qu’un divertisseur sans conscience politique, l’accusation devient tout à coup nulle et non à venue., n’est-ce pas ? L’autre arme qui semble faire peur, c’est de se voir opposer l’accusation d’Islamo-gauchiste. Franchement, de la part de personnes qui encensent et favorisent à longueur de journée l’ultra-libéralisme, le repli culturel, l’individualisme et le fascisme, voici un bien faible moyen de nous qualifier. 


Donc n’ayez pas peur, c’est de votre discours calme, construit et argumenté dont nous avons besoin, bien dread sur un riddim bien wicked. Les ambiances divertissantes « Annie aime les sucettes » bardées d’attitudes inutiles de bad boy, même bien filmées, ça n’a jamais aidé à une prise de conscience. 

Ne pas se laisser enfermer dans un débat binaire et rappeler qu’avoir une opinion différente ce n’est pas criminel mais l’appel à un progrès de deux parties en désaccord, et que ce progrès que nous défendons c’est la paix, pour tous. 

On espère donc entendre prochainement des artistes s’opposer, s’élever, et supporter franchement les peuples persécutés avec toute la créativité dont ils savent faire preuve. Vous êtes les porte-étendards de la paix, les derniers marqueurs musicaux des dérives d’un système qui n’est ni juste ni équitable, la mémoire de ceux dont on veut nous faire oublier les souffrances. 

Alors, si vous voulez donner de la consistance à votre message, et arrêter de passer pour de joyeux fumeurs de joints à faible conscience géopolitique, s’il vous plaît, brisez cet insupportable silence. Emparez-vous de ces sujets, ne craignez plus la contradiction car votre cause est juste. Le reggae, c'est la dernière voix des peuples opprimés. Nous veillerons et lutterons, à vos côtés, pour confondre ceux qui cherchent de manière insidieuse à travestir et salir les valeurs intrinsèques de notre culture.