À LA UNE

Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

La présidente de Harvard démissionne

Claudine Gay a annoncé mardi qu’elle quittait ses fonctions à la tête de l’université, après des accusations de plagiat et une audition tendue au Congrès sur la lutte contre l’antisémitisme dans les campus. Pour la presse américaine, sa démission est le résultat d’une campagne de pression menée par le camp conservateur.

Elle “aura effectué la présidence la plus courte” de l’histoire de Harvard, depuis la fondation de la prestigieuse institution américaine en 1636, note le New York Times. Arrivée en juillet dernier à la tête de l’université, Claudine Gay a annoncé mardi 2 janvier démissionner, après des accusations de plagiat et une audition tendue au Congrès sur la lutte contre l’antisémitisme dans les campus.

Elle est la deuxième présidente d’une “institution de l’Ivy League” – qui rassemble huit universités d’élite –, à quitter ses fonctions depuis le mois dernier, rappelle The Atlantic. En décembre, Elizabeth Magill, de l’université de Pennsylvanie, avait été la première à remettre sa démission face aux pressions. “Les deux cas ne sont toutefois pas aussi similaires qu’il y paraît au premier abord”, note le magazine américain. “Le départ de Magill découle directement des témoignages fragiles des présidentes d’université devant le Congrès le 5 décembre sur l’antisémitisme et le conflit israélo-palestinien.”

Interrogées par les élus, Magill et Gay avaient refusé de répondre par oui ou non à la question d’une représentante républicaine, Elise Stefanik, leur demandant si le fait d’appeler au génocide des Juifs enfreignait le code de conduite de leurs universités, expliquant qu’elles devaient prendre en compte les clauses de protection de la liberté d’expression aux États-Unis. Leurs réponses, devenues virales, ont provoqué un tollé jusqu’à la Maison-Blanche.

“Campagne de pression soutenue” à droite

Magill avait dû démissionner car “le conseil d’administration de Penn avait pris peur face aux pressions des donateurs et de la classe politique” à la suite de son témoignage, remarque The Atlantic. La “Harvard Corporation, un organisme équivalent” a, elle, “reconnu que le témoignage de Gay s’était mal passé” tout en continuant néanmoins à défendre sa “liberté académique”.

Dans le cas de la présidente de Harvard, “c’est l’écosystème médiatique conservateur qui lui a porté le coup fatal” en menant “une campagne de pression soutenue axée sur des allégations de plagiat” parues notamment dans la publication conservatrice The Washington Free Beacon, note Politico. Mardi, “la droite a reçu une forte dose de satisfaction en orchestrant le départ de la présidente d’université la plus influente du monde”, estime le magazine.

“Un universitaire peut invoquer une ou deux négligences par inadvertance, mais les nombreux cas [pointés du doigt] se sont révélés intenables, en particulier pour la présidente d’une institution aussi importante que Harvard”, souligne de son côté The Atlantic.

Dans un éditorial, le comité de rédaction du quotidien conservateur The Wall Street Journal estime que la démission de Claudine Gay pourrait offrir “un nouveau départ” à l’institution. “Son leadership était clairement devenu un fardeau qui pesait sur la réputation de l’école. La question est maintenant de savoir si la Harvard Corporation qui l’a choisie et qui a présidé à cette débâcle va rééquilibrer la situation en choisissant [un dirigeant] qui n’a pas peur de défier les factions progressistes dominantes” au sein de Harvard.

Pour le magazine de gauche Mother Jones, Claudine Gay, première femme noire présidente de Harvard, est au contraire “la dernière victime d’une croisade conservatrice croissante contre la ‘diversité dans l’éducation’”.