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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Les démocrates afro-américains conquis par Kamala Harris

 Avec Kamala Harris pour candidate à la Maison-Blanche, les Afro-Américains du Parti démocrate ont retrouvé des raisons d'espérer et de mobiliser les troupes pour l'élection de novembre. Cet enthousiasme au sein d'une minorité très active et stratégique pour le candidat démocrate est ce qui manquait à Joe Biden ces derniers mois.

En mai, l'écart des voix noires en faveur de Joe Biden par rapport à Donald Trump était de seulement 59 points, contre 84 points lors de leur précédent duel en 2020, et 85 points entre Hillary Clinton et Donald Trump en 2016, selon l'institut Pew Research.

Un enthousiasme palpable

Mais la campagne fulgurante de cette femme noire de sang mêlé jamaïcain et indien a changé la donne - quoi qu'en dise Donald Trump. Le candidat républicain a en effet mis en doute le fait qu'elle soit « noire », devant un parterre de journalistes afro-américains scandalisés par son culot


Avec la nomination de Kamala Harris, « on a vu l'énergie se transformer immédiatement », témoigne Claudette Williams, déléguée de Pennsylvanie. Celui qu'elle appelle affectueusement « Uncle Joe » a été un excellent président, « mais il nous a aussi fait un cadeau en partant », estime-t-elle. « Les femmes blanches, les femmes noires, les hommes blancs, les républicains pour Kamala, les seniors pour Kamala, tout le monde sort du bois car il y a cette énergie », poursuit-elle.

Selon elle, l'excitation est encore plus palpable que pour l'élection de Barack Obama, pourtant le premier Afro-Américain à la Maison-Blanche. Quatre années de Donald Trump président sont passées par là, explique-t-elle, « la haine », « la division », « alors que le message de Kamala, c'est l'unité, pour rassembler, pour disperser toute cette négativité ».

Cette nouvelle énergie va accroître les chances des candidats démocrates au Congrès qui se présentent en Pennsylvanie, un grand Etat-pivot, très important pour les démocrates, dit-elle en citant Bob Casey, Matt Cartwright, Susan Wild, Madeleine Dean - avec pour certains, un duel serré. « Et puis il y a aussi les représentants étatiques, ça va les renforcer », se réjouit Claudette Williams.

Voter « pour » et non « contre »

Joshua Simmons, délégué de Floride, un Afro-Américain de haute stature, explique qu'avec Kamala Harris, les Afro-Américains sont « excités et votent pour quelque chose au lieu de voter contre quelque chose » - Donald Trump. « Elle transcende les frontières culturellement. Elle arrive à toucher aussi les jeunes noirs, qui étaient un peu éteints avant », considère-t-il. La candidate fait partie d'une nouvelle génération d'élus, pointe-t-il, et cela va pousser les Afro-Américains à se présenter dans les bureaux de vote en grand nombre


Non, assure-t-il, les Afro-Américains n'ont pas boudé Joe Biden. « Il a mis des sommes impressionnantes dans les Etats, les villes, les villages, pour réparer les routes dans des communautés majoritairement noires, pour sortir les familles noires de la pauvreté avec les crédits d'impôts enfants, avec le plan de relance post-Covid », rappelle-t-il, persuadé que les gens n'ont pas tout à fait pris la mesure de ses accomplissements. Claudette Williams, elle, cite avant tout l'effacement partiel des dettes étudiantes, dont lui parlent de nombreux électeurs afro-américains.

A présent, ils attendent de Kamala Harris « un accès égal aux emplois, aux opportunités de carrière, aux secteurs d'activité », plaide Joshua Simmons. Cela ne signifie pas qu'il faut mettre en place des règles préférentielles pour recruter des noirs dit-il. « Peut-être la discrimination positive fonctionne-t-elle dans certains endroits. Mais donner aux gens des outils pour croître, pour apprendre, pour créer de nouvelles carrières aura des effets de bien plus le long terme », croit-il.