Francis Ngannou a toujours assuré vouloir rendre ce qu'il a reçu du Cameroun et à l'Afrique, après les avoir quittés pour réaliser ses rêves de combat. Revenu en catimini mi-août sur ses terres natales pour travailler au développement du MMA en Afrique via le PFL, Ngannou est en train de donner un coup d'accélérateur à ses projets de MMA continentaux.
Francis Ngannou a effectué un très long voyage, de son Batié natal au Cameroun, aux plus grandes scènes de la boxe et du MMA mondial, en passant par les salles d'entraînement parisiennes. Mais le cœur du géant est resté en Afrique. Si bien qu'il y retourne régulièrement, afin de passer une tête au club de football de sa ville natale auquel il a donné un second souffle via sa fondation, ou jeter un œil à la salle de MMA créée sur place. C'est d'ailleurs ce qui est au programme d'un très discret retour à Batié ces lundi et mardi 12 et 13 août. L'ancien champion poids lourd de l'UFC* a décidé de revenir sans faire de bruit, le temps de quelques jours, sur ses terres natales, avec en toile de fond une intensification affichée de son investissement pour le sport africain, et tout particulièrement le MMA. L'occasion de donner un coup de fouet supplémentaire aux projets sur le feu.
Le Camerounais a toujours eu de grandes ambitions pour son continent et son pays. Et pas seulement dans le domaine du sport. En témoigne l'ouverture d'un centre de formation informatique, toujours à Batié, cet été, sous l'égide de sa fondation. Mais le MMA, qui a élevé l'homme au rang de star internationale, reste un domaine à part. Lorsque Francis Ngannou a rejoint le PFL* en mai 2023, il avait à la fois l'intention de montrer que combattre hors de l'UFC en tant que grand champion était possible et de développer par le haut le MMA en Afrique, alors que l'organisation dirigée par Dana White ne semblait pas très encline à poser ses valises sur le continent.
Un lancement pour avril 2025
La promesse de développer une branche Afrique du PFL, avec le natif de Batié en tant que président, était longtemps restée floue. Le principal intéressé ayant eu surtout pour actualité ses combats de boxe. Mais cet été, le projet a connu un coup d'accélérateur, dans le sillage de la défaite de Ngannou contre Anthony Joshua, qui a quelque peu freiné les ambitions du premier dans le noble art. D'ailleurs, le PFL a officialisé la chose, sa branche Afrique verra le jour en avril 2025, dans le sillage de ses grandes sœurs d'Europe et du Moyen-Orient / Afrique du Nord.
« Le PFL Afrique a pour objectif de servir ces grands fans avec un contenu de qualité supérieure tout en renforçant l'empreinte mondiale du PFL dans ce qui a été pendant trop longtemps un marché mal desservi, a lâché Peter Murray, le patron du PFL. Avec nos partenaires d'investissement et de diffusion, nous sommes impatients de donner le coup d'envoi de la ligue PFL Afrique en 2025 ». Les recrutements de combattants sont toujours en cours, un certain contingent étant nécessaire pour respecter le format de Championnats et playoffs dont le PFL a fait sa marque de fabrique.
Du MMA par l'Afrique, pour l'Afrique
Poser ses valises sur le continent était un indispensable pour faire grandir le MMA local. Car faute de ligues puissantes capables de rassembler les meilleurs combattants en leur donnant une large visibilité, ces derniers s'exportent. Et le voyage n'est pas toujours simple. Abdel Khaznadji, l'organisateur du premier évènement de MMA en France avec le MMA GP, s'est déjà exprimé lors de conférences de presses en marge de ses évènements sur la « difficulté d'obtenir des visas », pour faire venir les athlètes africains combattre régulièrement. Des structures comme l'EFC, en Afrique du Sud, existent, mais ne disposent pas de la force de frappe du PFL.
Les futurs Africains signés par la ligue américaine bénéficieront de la diffusion très large des combats. Un accord de diffusion en Afrique des futurs combats du PFL via les chaînes de SuperSport a déjà été annoncé. Sans compter tous les pays d'Europe ou d'Amérique, où les droits de diffusions nationaux de l'organisation ont déjà été acquis. D'ailleurs, Francis Ngannou ne s'y trompe pas : « Comme nous l'avons vu, l'Afrique regorge de talents qui ne demandent qu'à être présentés sur la scène internationale. Je suis très fière de rendre à mon pays d'origine ce qu'il m'a donné », s'est réjoui le géant camerounais. Ce retour à Batié, au cœur de l'accélération des projets africains de MMA made in Ngannou, est donc tout sauf un hasard. Le combattant n'est pas en vacances, il est en voyage d'affaires.
*L'UFC (Ultimate fighting championship) et le PFL (Profesionnal figthers league) sont des ligues de MMA qui organisent des combats à travers le monde.