Le président des Comores Azali Assoumani a été légèrement blessé vendredi 13 septembre après une agression au couteau. Son agresseur, un jeune homme de 22 ans, est mort en détention.
Le président des Comores, Azali Assoumani, “ a été légèrement blessé à l’arme blanche ” vendredi 13 septembre 2024, a annoncé la présidence de ce petit archipel pauvre de l’Océan indien à l’histoire jalonnée de coups d’État, sans évoquer le mobile de l’attaque.
Cette dernière a eu lieu lors des “ funérailles d’un grand cheikh [notable] du pays »,”sans plus de précision. Cet événement s’était déroulé à Salimani-Itsandra, petite commune limitrophe de Moroni, sur les hauteurs de la capitale de l’archipel.
L’auteur de l’attaque décède avant son interrogatoire
Selon l’AFP, des témoins ont indiqué que l’auteur de l’agression était un jeune de la commune âgé de 22 ans, décrit comme sans histoire et ayant rejoint l’armée il y a deux ans. Quelqu’un se serait interposé au moment de l’attaque et a été blessé à la main.
Interpellé dans la foulée, l’auteur de l’attaque au couteau est mort, a annoncé samedi le procureur de la République de Moroni, lors d’une conférence de presse dans la capitale du petit archipel de l’océan Indien. “ Il était isolé dans une salle pour qu’il se calme, hier [vendredi] après son interpellation […] Lorsque les enquêteurs se sont présentés ce [samedi] matin, pour l’auditionner, ils l’ont trouvé allongé par terre, inanimé. Le médecin s’est présenté et après l’avoir examiné, il a constaté le décès »,”a déclaré le procureur. Une enquête est en cours.
Un pays sous la coupe de la famille Azali
Azali Assoumani, 65 ans, ancien chef d’état-major de l’armée arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire, a été réélu président en janvier à l’issue d’un vote contesté suivi de deux jours de manifestations meurtrières. Ses détracteurs l’accusent d’autoritarisme croissant dans l’archipel de trois îles, situé dans le canal du Mozambique et comptant quelque 870 000 habitants.
Azali Assoumani avait déjà été élu en 2002 avant de rendre le pouvoir en 2006 et de se faire élire à nouveau en 2016. En juillet, il a nommé son fils Nour El Fath Azali, 40 ans, secrétaire général du gouvernement. Avec cette fonction, ce dernier contrôle tous les décrets pris par les ministres et les gouverneurs de chaque île.
Une partie de l’opposition estime que le fils de Azali Assoumani est devenu un Premier ministre de facto, dans un pays où le président de la République cumule les casquettes de chefs de l’État et du gouvernement.