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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Le peintre Guillaume Guillon Lethière, né esclave en Guadeloupe, enfin au Louvre

La Mort de Virginie - Huile sur toile de Guillaume Guillon Lethière 1828 • ©MUSÉE DU LOUVRE


Guillaume Guillon Lethière (1760-1832) sera le premier peintre à diriger la Villa Médicis à Rome à partir de 1807, pourtant il sombrera dans l'oubli après sa mort. Né esclave à Sainte-Anne en Guadeloupe, il fait l'objet pour la première fois d'une exposition majeure, fruit d'une collaboration franco-américaine. Après le Clark Institute, le Musée du Louvre dévoile l'œuvre du peintre guadeloupéen, à voir jusqu'au 17 février 2025.


L'œuvre magistrale du peintre guadeloupéen Guillaume Guillon Lethière, "l'une des grandes autorités de son temps" selon le critique de l'époque Charles Blanc, a sombré dans l'oubli de l'histoire. Sa production illustre le parcours d'un artiste confronté aux bouleversements de son époque et à la succession des régimes de la Révolution à la Monarchie de Juillet. La plupart des œuvres seront présentées à Paris pour la première fois depuis le XIXème siècle et les recherches nouvelles, menées tant pour l'exposition que le catalogue, permettront une véritable redécouverte de cet artiste. Après le Clark Institute dans le Massachussets de juin à octobre, c'est au tour du Musée du Louvre de présenter cette exposition. 


De la Guadeloupe à Paris, Rouen et Rome

Né à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1760, son père Pierre Guillon, est propriétaire d'une plantation et sa mère Marie-Françoise Pepeye, une esclave métisse. Conformément à la législation, Guillaume naît esclave. Il vient en France avec son père à l'âge de 14 ans, c'est le temps de l'apprentissage et des premières distinctions. Il a été formé à Rouen puis à Paris sous l'Ancien Régime et a connu une brillante carrière officielle ; directeur de l'Académie de France à Rome (1807-1816), élu membre de l'Institut en 1818, il fut professeur à l'école des Beaux-Arts à partir de 1819. Il fut aussi un grand collectionneur, conseiller de Lucien Bonaparte.


Une passion pour l'histoire antique

L'essentiel de son œuvre peint et dessiné a pour sujet l'histoire antique. Il débute dans le triomphe du néoclassicisme davidien et sa persévérance dans cette voix causera son discrédit à la fin des années 1820, alors que la jeune génération des artistes romantiques s'impose progressivement. L'héroïsme antique lui a inspiré deux immenses toiles de près de huit mètres de long conservées au Louvre, Brutus condamnant ses fils à mort, achevé à Rome en 1811, et La Mort de Virginie (1828).


Brutus condamnant ses fils à mort (détail) - Guillaume Guillon Lethière 1811 • ©Musée du Louvre


Le serment des ancêtres

Le tableau le plus célèbre de Lethière, singulier dans son œuvre Le Serment des ancêtres (Port-au-Prince, musée du Panthéon national haïtien) manifeste contre l'esclavage et pour la liberté des peuples, est mis à l'honneur dans le parcours. Le peintre lui-même, sensible à la cause noire, l'offrira à la République d'Haïti.



Guillaume Lethière, Serment des ancêtres , 1822, huile sur toile. Musée du Panthéon National Haïtien, Port-au-Prince. • ©© RMN-GRAND PALAIS / ART RESOUR


Le Serment des ancêtres est un joyau national, porteur de l'âme et de l'Histoire du peuple haïtien. Cette œuvre éternelle est le symbole du combat du peintre contre l’esclavage et pour la liberté des peuples. Elle est, depuis son retour en mars 2012 après une deuxième restauration, conservée à la Banque de la République d’Haïti. Elle a été prêtée au Musée du Louvre pour l'exposition.


Lady Hamilton (détail) - Huile sur toile 1791 • ©Musée des Beaux-Arts Saint-François


Le portrait de Lady Hamilton

Pour la petite histoire le Musée des beaux-arts de Saint-François a également prêté une œuvre du peintre pour la rétrospective, le portrait de Lady Hamilton peint en 1791 à Rome.