À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

La Turquie obtient un accord mettant fin aux tensions entre l’Ethiopie et la Somalie

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan (à droite), et le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, au palais présidentiel d’Ankara, le 11 décembre 2024, sur une photo diffusée par le service de presse de la présidence turque. 

Le texte prévoit notamment l’accès de l’Ethiopie aux eaux internationales via la Somalie, sans attenter à la souveraineté territoriale de celle-ci.

C’est la fin d’un feuilleton de près d’un an qui a mis le feu aux poudres dans la Corne de l’Afrique. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé, mercredi 11 décembre, que les dirigeants somalien et éthiopien avaient trouvé sous ses auspices un accord pour mettre fin aux tensions, notamment sur l’accès de l’Ethiopie à la mer, à la suite de plusieurs heures de négociations à Ankara. M. Erdogan, qui a qualifié l’accord d’« historique », a ajouté qu’il espérait que celui-ci serait « le premier pas vers un nouveau commencement fondé sur la paix et la coopération » entre Mogadiscio et Addis-Abeba.


Le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, et le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, s’étaient rendus à Ankara, mercredi, pour un nouveau round de négociations organisées par la Turquie, après deux premières tentatives qui n’avaient pas débouché sur des progrès notables. Depuis un an, les relations entre les deux voisins de la Corne étaient exécrables.

La faute à la bataille menée par l’Ethiopie pour retrouver un accès à la mer. L’immense nation de 120 millions d’habitants en est privé depuis 1993 et l’indépendance de l’Erythrée. Elle a passé un accord avec le Somaliland, le 1er janvier 2024, selon lequel elle pourrait bénéficier d’une bande de terre de vingt kilomètres pendant cinquante ans, afin d’y installer un port commercial et une base navale, en échange de la reconnaissance de l’indépendance de la république autoproclamée qui a unilatéralement fait sécession de la Somalie en 1991.

L’accord – qui n’a jamais été ratifié – est vécu comme une violation de sa souveraineté par la Somalie, qui a multiplié depuis les accords de coopération militaire. Principal allié de Mogadiscio, avec qui elle a passé un accord de défense maritime, la Turquie fait office de médiateur pour réduire les tensions dans la Corne.


S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe, Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’il estimait que l’accord conclu mercredi, après huit heures de négociations, allait permettre d’assurer un accès de l’Ethiopie à la mer. « Je crois qu’avec la rencontre que nous avons eue aujourd’hui […] mon frère Cheikh Mohamoud va donner le soutien nécessaire pour l’accès à la mer » de l’Ethiopie, a-t-il déclaré.


« Le protocole d’accord entre l’Ethiopie et le Somaliland est bel et bien mort et enterré », se réjouit une source proche de la présidence somalienne, qui considère cet accord à Ankara comme « une victoire diplomatique de Mogadiscio ». Les autorités somaliennes se sont toutefois engagées à faciliter le passage des marchandises éthiopiennes vers les ports somaliens, en particulier celui de Berbera, sur les bords de la mer Rouge, sur le territoire du Somaliland.


L’Ethiopie, pays le plus peuplé du monde sans accès à la mer

S’exprimant à ses côtés, Abiy Ahmed a déclaré, selon la traduction de ses propos en turc : « Nous avons résolu le malentendu survenu dans l’année passée… L’Ethiopie veut un accès sûr et fiable à la mer. Cela bénéficiera tout autant à nos voisins. » Il a ajouté que ces négociations pourraient permettre aux deux pays « d’entrer dans la nouvelle année dans un esprit de coopération, d’amitié, et avec le désir de travailler ensemble ». Le président somalien a, pour sa part, convenu que l’accord avait « mis un terme au différend », et ajouté que son pays était « prêt à travailler avec les autorités éthiopiennes et le peuple éthiopien », selon la traduction en turc.


Plusieurs observateurs ont craint que la crise entre ces deux voisins d’Afrique de l’Est, qui se sont déjà affrontés par deux fois au XXe siècle, puisse accoucher d’un conflit ouvert. La Somalie a expulsé en avril l’ambassadeur éthiopien et a affirmé que les troupes éthiopiennes devaient être exclues de la prochaine mission de paix de l’Union africaine qui doit être déployée en Somalie à partir du 1ᵉʳ janvier pour combattre la milice djihadiste des Chabab.


La médiation turque est perçue comme un soulagement par les voisins de la Corne de l’Afrique. Le bloc régional d’Afrique de l’Est, l’IGAD, a salué jeudi 12 décembre l’accord visant à mettre fin aux tensions entre les deux voisins, y voyant une « étape importante ».