À LA UNE

Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

La moitié de l'île Amsterdam ravagée par les flammes

Près de la moitié de ce caillou de 58 km2 situé au bout du monde a brûlé. Une base scientifique et la biodiversité sont menacées.

C'est un territoire français perdu au bout du monde, grignoté chaque jour par l'avancée des flammes. Depuis le 15 janvier, l'île Amsterdam, située à près de 3 000 km au sud-est de La Réunion, est ravagée par un gigantesque incendie qui a déjà touché près de 50% de son territoire

(Nouvelle fenêtre)

Ce joyau de biodiversité, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, arbitre aussi une base scientifique mondialement reconnue pour son suivi des concentrations de gaz à effet de serre. Mais depuis le 15 janvier, tout s'est arrêté. Le feu, dont l'origine est encore inconnue à ce jour, s'est déclenché dans le nord de cette petite île volcanique isolée au milieu de l'océan Indien, avant de se propager à l'observatoire de mesures de la pointe Bénédicte, poussant les 31 habitants – essentiellement des scientifiques et militaires en mission – à évacuer la base Martin-de-Viviès.

Tous les scientifiques évacués

"Il n'était pas possible de lutter contre un mur de feu qui avançait avec des flammes qui mesuraient entre un et deux mètres", raconte l'informaticien Rémi Chazot, en mission sur place(Nouvelle fenêtre). Alors que les flammes s'approchaient de la base scientifique, tout le personnel a été évacué à bord de L'Austral, un bateau de pêche à la langouste qui passait à proximité de l'île – il n'existe pas de piste d'atterrissage pour les avions. Rémi Chazot a ensuite rejoint La Réunion à bord du Marion-Dufresne, un navire ravitailleur des TAAF.

Depuis le départ des 31 membres de la mission scientifique, plus personne ne se trouve sur l'île Amsterdam. La base de Martin-de-Viviès a été touchée, certaines infrastructures d'alimentation en eau et de télécommunication ne sont plus opérationnelles mais "les bâtiments sont toujours debout", selon la préfecture des Terres australes et antarctiques françaises, qui n'a aucune prise sur le feu. "On laisse faire l'incendie, car vu l'isolement de l'île, il n'y a pas de moyens d'éteindre le feu actuellement."

Des conséquences pour la biodiversité

Une mission de reconnaissance à bord du Floréal, une frégate de surveillance de la Marine nationale, doit partir de La Réunion afin de rejoindre l'île pour mesurer l'évolution de l'incendie et rechercher ses causes, selon la préfecture. L'équipage devra aussi faire le point sur "l'étendue des dégâts". Car ce territoire, l'un des plus isolés du monde, représente un enjeu considérable pour la France. Il permet aux scientifiques d'effectuer un suivi des concentrations de gaz à effet de serre, comme l'explique Marc Delmotte, responsable de la station de l'île Amsterdam.

Ces relevés de "dioxyde de carbone, de méthane, de protoxyde d'azote ou encore d'ozone" servent de marqueurs pour la pollution de l'air et le changement climatique. "L'observatoire d’Amsterdam est notre plus ancienne station, celle pour laquelle nous disposons de la plus longue série de mesures dans tout l'hémisphère Sud, puisque son programme de suivi de l'atmosphère a démarré en 1981", explique le responsable de la station. Mais ces mesures se sont arrêtées mi-janvier.

Ce territoire constitue aussi un fort enjeu pour la biodiversité. Il abrite la plus grande population d'albatros à bec jaune au monde mais aussi une espèce endémique, l'albatros d'Amsterdam, détaille l'institut polaire français sur son site(Nouvelle fenêtre). De nombreuses otaries et des éléphants de mer, qui viennent s'y reproduire, constituent aussi la richesse de cette île. Un arbre endémique appelé Phylica arborea y est aussi présent. Pour David Renault, directeur scientifique à l'Institut polaire français Paul-Emile Victor(Nouvelle fenêtre), des effets "majeurs" sur la biodiversité sont à craindre.