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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Polynésie : un programme pour lutter contre le décrochage scolaire des jeunes

 

En Polynésie, le décrochage scolaire atteint un niveau alarmant : 11 % des élèves âgés de 15 à 17 ans ne sont plus scolarisés, soit un taux presque trois fois plus élevé que dans l’Hexagone. Ce phénomène touche particulièrement les jeunes issus des îles éloignées.

Pour lutter contre cette réalité, la Fédération des œuvres laïques a mis en place un programme permettant aux collégiens de ces territoires de découvrir leur futur cadre scolaire. Cette année, une quarantaine d’élèves du collège de Hao ont ainsi fait le voyage jusqu’à Tahiti pour visiter les établissements qu’ils pourraient intégrer à la prochaine rentrée. Au programme : immersion au lycée hôtelier de Punaauia et au lycée professionnel de Mahina, où ils ont été chaleureusement accueillis par d’autres élèves issus des îles.

Un accueil émouvant et des découvertes motivantes

C’est au son du traditionnel chant du mave mai que les 47 élèves de Hao ont été reçus en grande pompe au lycée professionnel de Mahina. Un moment fort en émotion, d’autant que leurs aînés originaires des îles, déjà scolarisés à Mahina, leur avaient réservé une surprise.

Parmi eux, Jade, originaire de Hao, a accueilli ses jeunes compatriotes avec une danse, les larmes aux yeux : "Ça réchauffe mon cœur, parce qu'ils viennent de chez moi, de mon île. Je suis heureuse de les recevoir."

Annick Meascoff, proviseure du lycée professionnel de Mahina, souligne l’importance de ces rencontres : "Chaque année, nous recevons des élèves des îles qui demandent à être accueillis. Ce matin, c’est Hao, et cet après-midi, ce sera Makemo."

Éveiller l’ambition et rassurer les élèves

Durant la visite, les collégiens ont pu découvrir les différentes formations proposées : aide à la personne, esthétique, coiffure… L’objectif est clair : leur donner une vision concrète des possibilités qui s’offrent à eux et les encourager à poursuivre leurs études.

Julian Mahanatea, élève de 3ᵉ au collège de Hao et originaire de Pukarua, se dit rassuré par cette immersion : "On voit comment ça se passe dans l'établissement, quelles filières on peut choisir, que ce soit professionnel, général ou technologique."

Un projet qui porte ses fruits

Lancé il y a cinq ans, ce dispositif semble déjà avoir un impact positif. Louis Perdersen, professeur principal des 3ᵉ du collège de Hao, en témoigne : "On constate que beaucoup d'élèves restent et poursuivent leur scolarité. Nous n'avons pas encore de données chiffrées précises, mais l’un des objectifs de l’établissement est de suivre le parcours des anciens élèves pour mieux mesurer l’efficacité du programme."

Même constat du côté de Pépin Mou Kam Tsé, proviseur de l’école hôtelière : "Depuis quatre ans, 100 % des collégiens de Hao demandent une poursuite d’études, ce qui n’était pas le cas auparavant. Et aujourd’hui, plus de 80 à 90 % des jeunes continuent et décrochent leur diplôme ici à Tahiti."

Un engagement financier pour soutenir la jeunesse des îles

Chaque année, près de 1 000 élèves polynésiens abandonnent l’école, tous cycles confondus. Pour soutenir cette initiative et encourager la scolarisation des jeunes des îles, la Direction Générale de l’Éducation et des Enseignements (DGEE) investit 1,5 million de francs pacifiques par an.

Grâce à ces efforts, de plus en plus de jeunes issus des îles osent envisager un avenir scolaire et professionnel. Reste à poursuivre ces actions pour endiguer durablement le décrochage scolaire en Polynésie.