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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Antilles : l'état des prisons en question

Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) a récemment inspecté plusieurs commissariats, prisons, hôpitaux et centres de rétention administrative en Guadeloupe et en Guyane. Dans son rapport publié le 12 mars 2025, il appelle la France à améliorer les conditions de détention dans ces territoires ultramarins.

Une situation carcérale alarmante

Le CPT dénonce une surpopulation extrême, des violences récurrentes et des infrastructures vétustes, bien qu'il n'ait pas constaté de traitements inhumains institutionnalisés. Lors de sa visite en novembre et décembre 2023, il a inspecté plusieurs établissements pénitentiaires, centres de rétention, commissariats et établissements psychiatriques.

En général, les personnes interpellées, incarcérées ou hospitalisées ne signalent pas de mauvais traitements de la part des forces de l’ordre, des surveillants pénitentiaires ou du personnel médical. Cependant, des cas de violences policières continuent d’être signalés, à l’image de la mort de Claude Jean-Pierre en 2020 après son interpellation par les gendarmes en Guadeloupe, affaire récemment relancée par des révélations de Mediapart.

Des pratiques jugées inacceptables

Certaines méthodes utilisées par les autorités suscitent toutefois des inquiétudes. Le Comité souligne un manque de formation dans la gestion des mineurs délinquants et des personnes transportant des capsules de drogue.

Un exemple particulièrement préoccupant concerne le CHU de Guadeloupe, où, faute d’équipement adapté, les personnes gardées à vue devaient extraire manuellement les capsules de drogue de leurs selles, dans des conditions jugées inhumaines. L’absence de ventilation, la présence constante des forces de l’ordre et l’interdiction parfois faite aux individus de se laver les mains après l’opération ont été pointées du doigt comme des pratiques dégradantes.

Des prisons surpeuplées et insalubres

Le CPT a visité trois établissements pénitentiaires : le centre de Rémire-Montjoly en Guyane, celui de Baie-Mahault et la maison d'arrêt de Basse-Terre en Guadeloupe. Il dénonce une surpopulation carcérale critique, avec un taux d’occupation dépassant 225 % fin 2023, bien au-delà de la moyenne nationale de 127 % en 2024.

Cette situation entraîne des conditions de détention indignes : cellules surchargées, détenus dormant sur des matelas au sol à proximité de toilettes non cloisonnées, et une insalubrité généralisée. Le rapport mentionne des cellules sombres, malodorantes et sales, ainsi que des tensions accrues entre détenus et avec le personnel pénitentiaire. Des allégations de violences verbales, notamment à caractère raciste, ont également été recueillies.

Des recommandations urgentes

Face à ces constats, le CPT formule plusieurs recommandations à l’attention des autorités françaises :

  • Résoudre les problèmes de sous-effectifs dans les établissements pénitentiaires ;
  • Garantir aux détenus un accès à l’eau potable et aux soins médicaux ;
  • Abandonner certaines pratiques, comme l’attachement des détenus à des objets fixes, y compris à des lits ou brancards, de jour comme de nuit.

Un bilan contrasté

Malgré ces nombreuses critiques, le CPT note quelques avancées positives, notamment dans les centres de rétention administrative (CRA). Il salue le fait que les personnes étrangères retenues dans ces centres puissent rester en contact avec l’extérieur. Au CRA des Abymes, elles sont autorisées à conserver leurs téléphones portables, y compris ceux avec accès à Internet, une pratique jugée bénéfique par le Comité.

En réponse à ces observations, le gouvernement français affirme travailler activement à l’amélioration des conditions de détention en Guadeloupe et en Guyane. Reste à voir si ces engagements se traduiront par des actions concrètes.