À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Martinique : cérémonie Nyabinghi à Balata

Ce samedi 1er mars, plusieurs membres de la communauté rasta de Martinique se sont réunis à Balata pour commémorer le 129ᵉ anniversaire de la victoire d’Adoua en Éthiopie. La cérémonie a eu lieu au village agro-thérapeutique "Anbesa", situé dans le quartier Balata à Fort-de-France.

Autour du drapeau rastafari, d’un feu de bois et au rythme des tambours, les participants ont célébré cette victoire historique de l’Éthiopie contre l’Italie. Cette date symbolique marque l’indépendance de ce pays d’Afrique de l’Est et revêt une importance particulière pour la communauté rasta.

L’événement s’est déroulé en harmonie avec un rituel observé deux fois par mois, en phase avec la nouvelle et la pleine lune. Cette année, la célébration coïncidait avec la commémoration de la bataille d’Adoua, survenue les 1ᵉʳ et 2 mars 1896. Ce conflit historique a vu les troupes éthiopiennes repousser les forces italiennes, protégeant ainsi leur souveraineté et leur patrimoine culturel et religieux.

Krhys Dachir explique l’essence de cette cérémonie :

"Nous célébrons la victoire d’Adoua en rendant hommage à nos ancêtres à travers des libations et des louanges au créateur. Nous exprimons notre gratitude envers la terre et demandons à nos ancêtres de nous guider, nous protégeant des entraves mentales et spirituelles."

Pour Sheba Elie Brigitte, secrétaire aux archives et à la correspondance de "The Ethiopian World Federation Incorporated Yemikelakel", cette célébration est un retour aux sources :

"C’est une occasion de reconnecter avec nos racines et notre culture. Il s’agit de se libérer des chaînes mentales imposées et de retrouver son chemin spirituel, familial et ancestral. C’est essentiel pour notre équilibre et notre fierté. Nous honorons nos ancêtres, leurs luttes, et rappelons l’importance des figures historiques telles que l’impératrice Taytu, qui a joué un rôle clé dans cette bataille."

Lors de cette commémoration, le musicien martiniquais Alfred Varasse a tenu à délivrer un message fort :

"Cette victoire éthiopienne contre les puissances occidentales est une date mémorielle importante. Le monde s’était ligué contre l’Éthiopie, et pourtant, elle a triomphé. Mon message est simple : il est urgent que nous, Martiniquais, la diaspora et le peuple noir dans son ensemble, nous réapproprions notre héritage."

The Ethiopian World Federation Incorporated Yemikelakel : une organisation engagée

Fondée le 25 août 1937 par l’empereur Haïlé Sélassié Ier et le Dr. Melaku E. Bayen à New York, "The Ethiopian World Federation Incorporated Yemikelakel" est une organisation intergouvernementale dédiée à la défense des droits et au développement des peuples noirs à travers le monde. Selon certaines sources, l'organisation compterait plus de 8 millions de membres à l'échelle mondiale. 

En Martinique, elle regroupe environ 200 membres engagés dans la préservation de l’histoire et des traditions afro-descendantes.

L’organisation a été initialement créée pour mobiliser le soutien des Afro-Américains en faveur des Éthiopiens lors de l'invasion italienne de 1935-41 et pour incarner l'unité des Éthiopiens (personnes noires) au pays et à l'étranger. Elle œuvre aujourd’hui pour la reconnaissance et la valorisation de l’héritage culturel africain, à travers des actions éducatives, culturelles et sociales.

En plus de son engagement pour la mémoire historique, la fédération mène des projets de développement économique et social destinés à favoriser l’autonomie des communautés afro-descendantes. Elle encourage l’apprentissage des savoirs ancestraux, la transmission des valeurs rastafari et le renforcement des liens entre l’Afrique et sa diaspora.

À travers ses différentes antennes dans le monde, "The Ethiopian World Federation Incorporated Yemikelakel" continue de promouvoir l’unité, la justice et la dignité des peuples noirs, affirmant ainsi la vision de son fondateur, Haïlé Sélassié Ier.