Cuisines saccagées, poubelles éventrées, toitures endommagées… Dans le sud de l’Afrique du Sud, les habitants sont de plus en plus confrontés aux intrusions de babouins en quête de nourriture. Face à ces nuisances, certains vont jusqu’à les tuer ou les maltraiter, une situation alarmante pour les associations de protection animale.
Les images diffusées par la chaîne Al-Jazeera illustrent l’ampleur du problème. Dans une maison de Simon’s Town, une ville de la péninsule du Cap, un babouin est filmé en train de dévorer des fruits sur un plan de travail, au milieu d’une cuisine totalement retournée. Un habitant témoigne :
“Chaque matin, à la même heure, les babouins descendent des montagnes pour venir jusque dans notre quartier.”
Le phénomène ne se limite pas à Simon’s Town. Des incidents similaires sont signalés à Pringle Bay, selon plusieurs sources locales. Comme l’explique ces médias, les babouins utilisent traditionnellement les zones basses pour se nourrir et les hauteurs pour dormir. Or, l’expansion urbaine dans ces espaces côtiers coïncide avec leurs territoires de recherche alimentaire.
Un article de CNN en 2023 soulignait également l’attrait des villes pour ces primates, attirés par les déchets accessibles dans les rues et les potagers des jardins.
Entre colère et violences
L’exaspération des habitants monte, et certains adoptent des méthodes brutales pour repousser les singes. Al-Jazeera rapporte que des babouins sont parfois tués à l’aide de fusils, de couteaux ou même de carabines de paintball.
Des actes dénoncés par les défenseurs des animaux. Ryno Engelbrecht, militant des droits des animaux, rappelle que Le Cap est une ville intégrée à un parc national, et non l’inverse :
“Les babouins vivent ici depuis des millénaires, et aujourd’hui, ils sont traqués.”
Si les affrontements se multiplient, partisans et opposants à la présence des babouins critiquent la gestion de la crise par les autorités locales. Tandis que certains demandent l’intervention de personnel spécialisé pour éloigner les primates, d’autres privilégient des solutions plus douces, comme l’installation de verrous sur les poubelles municipales pour limiter l’accès à la nourriture.