Chaque semaine, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie publie un relevé des décisions concernant les professionnels de santé étrangers autorisés à exercer sur l'île. Ces autorisations sont accordées après un examen minutieux des candidatures, mais certaines demandes sont également rejetées.
Le 9 avril 2025, le gouvernement a annoncé le refus d’autorisation pour six médecins titulaires de diplômes étrangers hors Union européenne. En revanche, six autres professionnels – trois généralistes, un neurologue, un néphrologue et une pédiatre, originaires du Maroc, de Tunisie, du Burundi et de Madagascar – ont obtenu le feu vert pour pratiquer.
Une commission se réunit régulièrement pour examiner les candidatures. Elle comprend des représentants de la Direction des affaires sanitaires et sociales (Dass), de l'Ordre des médecins et de l’Université de la Nouvelle-Calédonie. Après étude, la commission émet un avis qui sert de base à la décision du gouvernement, comme l’explique Christopher Gygès, porte-parole du gouvernement.
Depuis juillet 2023, une loi permet de recruter des soignants étrangers pour pallier la pénurie croissante de professionnels de santé, exacerbée après les événements de 2024. Bien que "centaines de soignants" aient manifesté leur intérêt, seuls une quinzaine de médecins étrangers exercent actuellement en Nouvelle-Calédonie, selon Bruno Calandreau, président de l’Ordre des médecins.
Un processus sélectif pour garantir la qualité des soins
La sélection des médecins étrangers se fait sur des critères précis : maîtrise de la langue française, correspondance des années d’études avec les standards européens, et conformité aux exigences du système médical calédonien. "L’évaluation des diplômes étrangers reste complexe, car les formations peuvent varier d’un pays à l’autre", souligne Bruno Calandreau.
Les vérifications sont réalisées en amont par l’Université de la Nouvelle-Calédonie, qui contacte les institutions des pays d’origine pour authentifier les diplômes. Des visioconférences sont parfois organisées pour évaluer les compétences des candidats.
Les médecins qui souhaitent exercer doivent d’abord obtenir l’autorisation du gouvernement, puis s’inscrire à l’Ordre des médecins local. Bien que de nombreux candidats viennent de pays d’Afrique francophone, comme le Burundi, peu de professionnels d’autres régions, comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, postulent. Ces pays offrent des salaires bien plus élevés, rendant moins attrayante l’idée de travailler en Nouvelle-Calédonie.
Une loi applicable à plusieurs corps de métiers
La loi s’applique également aux infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, mais les candidatures dans ces domaines sont moins nombreuses. "L’objectif du gouvernement reste de recruter des médecins compétents et bien formés pour répondre aux besoins de la population", précise Christopher Gygès. Des actions sont également prévues pour faciliter l’arrivée de nouveaux soignants, sous la direction de Claude Gambey, en charge de la santé au gouvernement.