Le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition depuis le coup d’État d’août 2023, a officialisé, le 3 mars, sa candidature à l’élection présidentielle. Une annonce attendue, dans un contexte politique encore marqué par la chute du régime Bongo.
Au stade de l’Amitié, au nord de Libreville, l’événement a pris des allures de démonstration de force. Devant des gradins remplis, Oligui Nguema est monté sur scène sous les applaudissements, accompagné de son épouse Zita et de leurs enfants. Après quelques pas de danse, le général a déroulé les grandes lignes de son programme : poursuite de la lutte contre le chômage, finalisation de la Transgabonaise, amélioration des infrastructures routières reliant les capitales provinciales, et transformation locale des matières premières.
Une campagne bien lancée
Ces promesses ont suscité l’enthousiasme de ses partisans. Dans la foule, certains parlent déjà d’un vote « cash », d’autres prédisent un score « à la soviétique ».
La campagne est également lancée pour les autres candidats déclarés. Alain Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre, a rencontré des habitants dans les quartiers défavorisés de la capitale. Le Dr Iloko Boussiengui a tenu un meeting à Libreville. Joseph Lapensée a opté pour la prière, tandis qu’Alain Simplice Boungoueres a lancé sa campagne à Bifoun, carrefour stratégique du centre du pays.
Soutiens en cascade
Sur le plan politique, les soutiens à la candidature d’Oligui Nguema se multiplient. Le Premier ministre actuel, Raymond Ndong Sima, a mobilisé l’Alliance patriotique pour officialiser son appui. Alexandre Barro Chambrier, vice-Premier ministre et dirigeant du Rassemblement pour la patrie et la modernité, lui a rapidement emboîté le pas.
D’autres figures influentes ont également apporté leur soutien : Paulette Missambo, présidente du Sénat et leader de l’Union nationale, ainsi que Florentin Moussavou, président du mouvement Conscience et action citoyenne. Jean-Boniface Assélé, oncle d’Ali Bongo, a lui aussi appelé à voter pour le général.
Pour Anges Kevin Nzigou, coordinateur du Rassemblement des bâtisseurs — la plateforme politique créée pour porter la candidature d’Oligui —, cette dynamique s’inscrit dans une logique de rassemblement :
« L’élection présidentielle, c’est un homme, un peuple, un projet. Peu importe le parti ou l’association, tous œuvrent au service de ce projet. »
Plus de 1 200 associations auraient déjà adhéré à la plateforme. L’ouverture des adhésions des partis politiques est prévue dans les jours à venir.
Une opposition prudente
De son côté, le Parti démocratique gabonais (PDG), ancien parti au pouvoir, reste en retrait. Il attend la publication de la liste définitive des candidats pour se prononcer. Cette liste sera validée par la Cour constitutionnelle, qui dispose de huit jours pour examiner les recours. La décision est attendue au plus tard ce jeudi.