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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Guylaine Conquet : de l’antenne à la toile, un parcours de résilience capillaire

 

Figure bien connue de la télévision et de la radio en Guadeloupe, Guylaine Conquet a marqué les esprits pendant plus de vingt ans sur Guadeloupe La 1ère. En 2015, sa vie prend un tournant lorsqu’elle développe une alopécie. Les défrisages répétés et les produits chimiques utilisés pendant des années ont fragilisé son cuir chevelu, provoquant une chute de cheveux accélérée. Face à cette réalité, elle prend une décision radicale : apparaître à l’antenne avec ses cheveux naturels, en coupe afro. Un geste fort, profondément introspectif.

"J'ai usé et abusé des défrisants, des produits chimiques, des tissages... Tout ce qui pouvait me rapprocher de ce cheveu lisse dont je rêvais petite."

Née en Guadeloupe mais élevée à Lyon, Guylaine se souvient des moqueries essuyées dès l’école primaire, en tant que seule enfant noire de son établissement. Très tôt, elle développe un rejet profond de sa chevelure crépue, qu’elle commence à défriser dès l’adolescence. Pendant des années, elle camoufle son identité capillaire, jusqu’à ce que sa santé l’oblige à tout remettre en question.

"J’ai porté ce cheveu défrisé très longtemps, jusqu’à ce que je comprenne que cela nuisait gravement à ma santé."

Malgré son retour au naturel, l’image qu’elle voit dans le miroir lui reste étrangère. Elle vit cette transition comme un nouveau traumatisme. En quête de réconciliation avec elle-même, elle quitte la Guadeloupe et met sa carrière de journaliste entre parenthèses pour s’installer aux États-Unis. Là-bas, elle suit des cours d’anglais, s’immerge dans la culture afro-américaine, donne des conférences sur la chevelure des femmes de la diaspora, et découvre un nouveau mode d’expression : la peinture.

"Je voulais peindre des femmes noires, des femmes qui me ressemblent. Puis j’ai eu envie de peindre nos cheveux, parce qu’ils racontent notre histoire."

Trois de ses œuvres ont été sélectionnées pour Art Capital, une grande exposition collective organisée au Grand Palais à Paris en février dernier, réunissant près de 2 000 artistes.

Aujourd’hui, Guylaine a retrouvé une liberté capillaire assumée.

"Je suis libre de faire ce que je veux de mes cheveux, sans avoir à les défriser. Je peux porter des tresses, une coupe afro, ou les boucler."

Si elle a réussi à guérir des blessures de l’enfance, elle milite pour que plus aucune petite fille noire n’ait à souffrir du même rejet. Elle soutient le député guadeloupéen Olivier Serva, porteur de la proposition de loi n°1640 visant à interdire les discriminations liées à la texture ou au style capillaire, tant dans les écoles que dans les entreprises. Ce texte a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 28 mars 2024, et devrait bientôt être présenté au Sénat.