Après la fermeture de l’hôpital de campagne installé à Cavani à la suite du cyclone Chido, l’association Super Novae relance l’initiative sanitaire avec une clinique mobile dédiée aux zones les plus défavorisées de Mayotte. Objectif : 2 500 consultations en un mois.
À partir du mardi 22 avril, une clinique mobile commencera à sillonner les quartiers précaires de Mayotte. Portée par l’association Super Novae, déjà engagée dans la gestion de l’hôpital de campagne de Cavani après le passage du cyclone Chido, cette nouvelle structure vise à combler les lacunes persistantes du système de santé local, en allant directement à la rencontre des populations les plus vulnérables.
Fin de mission à Cavani, nouveau départ sur les routes
Depuis début février, le stade de Cavani a retrouvé sa vocation première. L’hôpital temporaire, monté en urgence pour répondre à la saturation des structures médicales après le cyclone, a été démonté. Pour Alexandre Chatillon, directeur de Super Novae et ancien diplomate, cette transition marque un tournant :
« On ne traitait plus les conséquences immédiates du cyclone, mais des pathologies chroniques. Il était temps de penser une action pérenne, ciblée, au plus près des besoins. »
En concertation avec les autorités locales, notamment l’Agence Régionale de Santé, l’association a donc conçu une solution mobile, capable d’intervenir au cœur des quartiers les plus isolés.
Une clinique itinérante, cinq jours sur sept
La clinique se compose de deux véhicules équipés, de tentes déployables, et d’une équipe médicale complète : deux médecins, deux infirmiers ou infirmières, deux logisticiens et un chauffeur. Le dispositif interviendra selon un planning précis :
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Lundi : Kawéni
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Mardi : alternance entre Tsoundzou et Doujani
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Mercredi : Petite-Terre
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Jeudi : alternance entre Dzoumogné et Bandrabou
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Vendredi : alternance entre Cavani et Vahibé
« L’idée, c’est de faire du "aller vers", notamment dans les bangas, où les besoins en santé sont immenses », explique Alexandre Chatillon. « On a mené des tests : les demandes sont là, les besoins urgents, et beaucoup de personnes restent sans solution. »
Une offre de soin mobile et gratuite
Consultations, soins de première nécessité, dépistages : la clinique proposera gratuitement ses services. Avec une capacité estimée à 2 500 patients pour le premier mois, le projet entend répondre à un besoin criant sans pour autant s’installer durablement à Cavani, comme l’explique le directeur :
« Il y a eu une volonté claire de l’État de ne pas institutionnaliser une offre de soin fixe au stade. L’analyse faite est qu’il existe déjà une couverture suffisante à l’échelle du territoire, mais qu’il manque une offre localisée, ciblée sur les zones les plus en difficulté. »
Un premier mois financé, en quête de relais
Ce lancement est rendu possible grâce à un don de 200 000 euros du groupe Bernard Hayot, qui assure le financement du premier mois d’activité. Pour la suite, l’association est déjà à la recherche de nouveaux partenaires et bailleurs de fonds.