À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Nigeria : le pari risqué de Tinubu pour transformer l’économie

Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2023, le président nigérian Bola Tinubu mène une politique de rupture pour transformer en profondeur la première économie d’Afrique. Objectifs : restaurer les finances publiques, réduire la dépendance au pétrole, et attirer les investisseurs.

Dès les premières semaines, Tinubu a mis fin aux subventions sur les carburants et libéralisé le taux de change. Une double mesure qui a provoqué une flambée des prix — le carburant a triplé, les produits de base ont suivi — et une forte baisse du pouvoir d’achat. Des manifestations contre la vie chère ont secoué le pays, mais le gouvernement a maintenu le cap, en lançant des compensations ciblées et en promettant une revalorisation du salaire minimum.

Avec 220 à 230 millions d’habitants aujourd’hui, et près de 440 millions attendus en 2050, le Nigeria doit impérativement diversifier son économie et investir dans l’éducation, la formation, et les infrastructures. Tinubu compte sur le potentiel agricole, les services et les nouvelles technologies pour enclencher une nouvelle dynamique de croissance.

Les bailleurs internationaux, comme la Banque mondiale ou l’AFD, soutiennent cette stratégie de réformes. En novembre dernier, Emmanuel Macron a reçu le président nigérian à Paris, où plusieurs partenariats économiques ont été annoncés dans l’énergie, le numérique ou la transition écologique.

Mais sur le terrain, la situation reste difficile. Corruption persistante, insécurité dans certaines régions, pauvreté généralisée… Malgré une croissance en légère hausse (3,46 % au 3e trimestre 2024), les retombées concrètes tardent à se faire sentir. Tinubu promet un avenir meilleur. Reste à convaincre une population qui peine à croire que ces sacrifices mèneront à un réel progrès.