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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

22 mai 1848 : ce jour où les esclaves n’ont pas attendu la liberté — ils l’ont prise

 

Monument du pied de l'esclave, au Carbet.

Il y a des dates que l’Histoire officielle aime célébrer. Le 27 avril 1848 en est une : le décret d’abolition de l’esclavage, signé à Paris par Victor Schœlcher. Mais en Martinique, la mémoire populaire en désigne une autre : le 22 mai. Ce jour-là, ce ne sont pas les mots d’un décret qui ont libéré les esclaves, mais leur propre insurrection.

Tout part d’un tambour. Un homme nommé Romain est arrêté à Saint-Pierre pour avoir frappé cet instrument interdit. Mais derrière ce geste se cache un langage ancestral, une résistance sourde au pouvoir colonial. Ce tambour n’est pas seulement un instrument de musique : il appelle, il alerte, il rassemble. Et surtout, il fait peur aux maîtres.

L’arrestation de Romain devient le catalyseur d’une colère enfouie. Les esclaves n’attendent plus rien de l’administration coloniale, qui retarde l’application du décret. Ils descendent dans les rues, incendient les habitations, prennent leur liberté au corps. L’ordre colonial vacille. Le pouvoir cède. Et l’esclavage est aboli, non par vertu, mais par nécessité.

Il faut le dire sans détour : l’abolition en Martinique n’est pas un cadeau républicain, c’est une conquête. Elle ne descend pas des salons parisiens, elle monte des plantations en feu.

Pourquoi, alors, persiste-t-on à glorifier le 27 avril et à minimiser le 22 mai ? Parce que le premier raconte une France généreuse, alors que le second rappelle une France coloniale, forcée de céder. Parce que l’insurrection dérange plus que l’humanisme.

Pourtant, si l’on veut transmettre une mémoire digne, il faut regarder l’histoire en face : les esclaves de Martinique se sont libérés eux-mêmes. Et c’est là toute la force du 22 mai : il n’est pas un hommage, mais un avertissement. Il dit que lorsqu’un système nie la dignité humaine, le soulèvement devient légitime.

Commémorer le 22 mai, c’est se souvenir qu’en matière de justice, il faut parfois désobéir pour être libre.