À Accra, la capitale du Ghana, l’Assemblée métropolitaine (AMA) a lancé mardi une vaste opération de « décongestion » du centre-ville, avec l’appui de la police. Objectif : libérer les trottoirs et les abords des routes, largement occupés par des vendeurs de rue. L’opération, entamée dans le district central, devrait s’étendre prochainement à la circonscription de Korle Klottey.
« Ce n’est pas un exercice de courte durée. Nous sommes déterminés à garder les rues dégagées », a assuré Michel Kpakpo, maire de l’Accra Metropolitan Assembly. De son côté, Alfred Gaisie, à la tête de l’Assemblée municipale de Korle Klottey, a promis de trouver des espaces alternatifs pour permettre aux commerçants de continuer leurs activités.
Trottoirs vidés, colère attisée
Dès l’aube, l’opération a ciblé les zones très fréquentées de Kinbu, Makola, CMB, Circle et Kaneshie. Sur place, les agents municipaux, appuyés par la police, ont procédé au déguerpissement des commerçants installés illégalement sur les trottoirs et les accotements, transformés au fil des ans en marchés à ciel ouvert.
Pour les autorités, cette initiative vise à restaurer l’ordre, fluidifier la circulation et améliorer l’image de la ville. Mais du côté des vendeurs, l’opération est vécue comme une injustice sociale.
« Cela fait des années qu’on nous a attribué ces trottoirs. Nous ne faisons que chercher notre pain quotidien. Pourquoi nous déranger maintenant ? » s’indigne Agnes Aboagye, vendeuse installée à Makola. Si les autorités promettent des conditions de travail modernisées, le scepticisme reste fort.
Une "nouvelle aube", ou un éternel recommencement ?
Gilbert Nii Ankrah, porte-parole de l’AMA, défend le projet comme le signe d’un tournant : « Il est temps d’adopter un nouveau paradigme pour Accra. Tout le monde doit comprendre l’importance de ce changement. »
Mais cette opération n’est pas la première du genre. Ces dernières années, plusieurs campagnes similaires ont échoué, faute de suivi ou de solutions durables. De nombreux observateurs locaux doutent de l’efficacité de cette énième tentative sans un engagement politique ferme et une véritable stratégie d’accompagnement des commerçants informels.