Minneapolis (Minnesota), 25 mai 2025. – Ce samedi marque le cinquième anniversaire de la mort de George Floyd, tué par un policier blanc lors d'une interpellation brutale à Minneapolis, un événement devenu le catalyseur d’un mouvement mondial contre les violences policières et le racisme systémique.
Cinq ans plus tard, la ville où tout a commencé s’est figée dans le recueillement. Des milliers de personnes ont afflué vers le carrefour devenu mémorial à l’angle des rues 38th Street et Chicago Avenue, désormais rebaptisé George Floyd Square. Fleurs, bougies et chants ont accompagné une série de prises de parole, où militants, artistes et proches de la famille Floyd ont rappelé que le combat pour la justice raciale était loin d’être achevé.
Un moment de mémoire et de bilan
« Ce n’est pas juste un hommage, c’est un rappel de notre responsabilité collective », a déclaré Bridgett Floyd, la sœur de George Floyd, lors de la cérémonie organisée par la George Floyd Memorial Foundation. « Nous avons obtenu des avancées, mais nous devons rester vigilants. »
Depuis 2020, les appels à une réforme en profondeur des services de police américains ont gagné en visibilité. Certaines villes ont tenté de revoir leurs pratiques, réduisant les budgets des forces de l’ordre ou réorientant les interventions vers des services sociaux. Mais à l’échelle nationale, les réformes structurelles peinent à s’imposer. Le projet de loi "George Floyd Justice in Policing Act", adopté par la Chambre des représentants en 2021, reste bloqué au Sénat.
Un symbole mondial
La mort de George Floyd a provoqué une onde de choc planétaire. À Paris, Londres, Johannesburg, Rio ou Tokyo, des manifestations ont réuni des centaines de milliers de personnes brandissant le slogan « Black Lives Matter ». Cette année encore, des commémorations se sont tenues dans plusieurs capitales. À Berlin, une fresque murale représentant Floyd a été restaurée pour l’occasion. À Lagos, une conférence universitaire a rappelé l’impact de l’affaire sur la jeunesse africaine engagée contre les brutalités policières.
Dans une déclaration conjointe, plusieurs ONG internationales ont souligné que « le combat pour la dignité, l’égalité et la fin de l’impunité policière dépasse les frontières américaines. »
Des avancées, mais un espoir fragile
Depuis 2020, les cas filmés de violences policières continuent d’alimenter l’indignation. Selon une étude récente de Mapping Police Violence, plus de 1 000 personnes ont été tuées par la police aux États-Unis chaque année depuis la mort de Floyd. Les Afro-Américains restent disproportionnellement touchés.
Néanmoins, l’impact culturel de George Floyd demeure. Dans les écoles, les entreprises, les institutions artistiques, les conversations sur l’histoire raciale, les privilèges blancs et la diversité ont trouvé une nouvelle place. Des statues ont été déboulonnées, des noms de rues changés, des programmes de sensibilisation renforcés.
« Le monde a changé ce jour-là », a déclaré ce matin le révérend Al Sharpton, en visite à Minneapolis. « Mais l’Amérique n’a pas encore fini de se transformer. »
Une mémoire vivante
À l’endroit même où George Floyd a rendu son dernier souffle, une mère serre son fils contre elle. Autour, le silence est dense. À travers les États-Unis, des cloches ont sonné à 20h25, l’heure exacte où, cinq ans plus tôt, Derek Chauvin avait maintenu son genou sur le cou de Floyd pendant plus de neuf minutes, un acte devenu emblème de la brutalité d’un système que beaucoup espèrent voir évoluer.
Cinq ans après, George Floyd n’est plus un nom, mais une mémoire collective. Un appel. Un cri qui continue de résonner.