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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Le Burkina se souvient : un mausolée pour Sankara, symbole d’intégrité et de lutte

Depuis le samedi 17 mai, un monument imposant se dresse fièrement sur le site du Conseil de l’Entente, à Ouagadougou. Il s’agit du mausolée dédié à Thomas Sankara, figure emblématique de la révolution burkinabè de 1983, et à ses douze compagnons assassinés en 1987.

Conçu en forme d’œil et s’élevant à plus de 70 mètres de hauteur, le mausolée est doté d’une rampe monumentale et d’un escalier descendant symbolisant les 13 martyrs tombés au champ d’honneur. Cette œuvre architecturale puissante représente un geste de mémoire collective et une affirmation politique forte : celle du triomphe des idéaux révolutionnaires sur l’impérialisme.

L’édifice est signé Francis Kéré, architecte burkinabè mondialement reconnu, lauréat du prestigieux prix Pritzker en 2022. Construit en blocs de latérite taillés, le mausolée reflète les valeurs portées par Thomas Sankara : la simplicité, l’écologie et l’utilisation des ressources locales au service d’un développement durable, autonome et souverain.

Au-delà de sa dimension architecturale, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a salué la portée symbolique de ce lieu qu’il qualifie d’« espace d’éveil collectif ». Il y voit un appel adressé à la conscience nationale et à tous les défenseurs de la paix et de la justice sociale, rappelant le sacrifice de Sankara et de ses compagnons comme fondement d’une intégrité toujours vivante, bien que longtemps persécutée.

Le mausolée s’inscrit dans une dynamique de réappropriation de l’héritage politique de la révolution d’août 1983. Présent lors de l’inauguration, Alouna Traoré, compagnon de route de Sankara, aujourd’hui âgé de 60 ans, a exhorté la jeunesse africaine à se lever et à assumer ses responsabilités :

« L’heure de l’Afrique a sonné. Nous devons cesser d’être infantilisés. Notre continent est riche, mais exploité. Il est temps que les Africains prennent leur destin en main. »

Dans cet esprit de reconnaissance historique, plusieurs rues de la capitale burkinabè seront prochainement renommées en hommage aux douze compagnons tombés aux côtés de Sankara.