Le Kenya a appelé la République dominicaine à intensifier la coopération internationale pour venir en aide à la mission onusienne de sécurité en Haïti, alors que le pays caribéen s’enfonce toujours plus dans la violence des gangs.
Lors d’une rencontre ce lundi à Saint-Domingue avec son homologue dominicain Roberto Alvarez, le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a plaidé pour un appui diplomatique accru de la République dominicaine dans les instances internationales.
« Nous souhaitons votre soutien dans le cadre des Nations Unies afin de renforcer la collaboration internationale autour des efforts de paix en Haïti », a-t-il déclaré.
« Que ce soit via l’ONU ou la Caricom, nous comptons sur votre leadership », a-t-il poursuivi, en amont d’une rencontre prévue mardi avec le président Luis Abinader.
Une mission sous pression
Le Kenya dirige depuis juin 2024 la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS) à Haïti, soutenue par la France, les États-Unis et le Canada. Cette mission, placée sous mandat onusien, vise à aider les forces haïtiennes à rétablir l'ordre face à des groupes armés de plus en plus puissants.
Mais avec à peine 1 000 soldats déployés sur les 2 500 prévus, le dispositif manque cruellement de moyens pour endiguer une violence toujours plus étendue. En avril, Maria Isabel Salvador, représentante spéciale de l’ONU, alertait le Conseil de sécurité :
« Sans aide internationale décisive et rapide, Haïti pourrait sombrer dans un chaos total. »
La République dominicaine, partenaire clé
Pays voisin et directement exposé à la crise haïtienne, la République dominicaine joue un rôle important dans le soutien logistique et médical à la MMAS. Elle accueille notamment les soldats blessés au cours des opérations.
Musalia Mudavadi a salué ce "soutien incroyable" et appelé à renforcer les échanges de renseignements et la coordination sécuritaire :
« Cette mission a besoin d’une coopération étroite, notamment en matière de renseignement. Notre demande est simple : poursuivons nos efforts communs pour assurer le succès de cette mission. »
Un accord bilatéral a été signé à l’issue de la rencontre pour pérenniser l’assistance médicale fournie par Saint-Domingue aux troupes engagées.
Une instabilité régionale redoutée
Le président dominicain Luis Abinader a plusieurs fois mis en garde contre une déstabilisation régionale en cas d’effondrement complet d’Haïti.
« Nous ne pouvons pas laisser s’effondrer les efforts accomplis. Le chaos haïtien aurait des répercussions sur toute la région », déclarait-il déjà en septembre 2024.
Dans ses discours, Haïti et la crise migratoire figurent régulièrement parmi les priorités. Le soutien dominicain à la mission kényane traduit une volonté de ne pas rester passif face à un voisin "au bord du point de non-retour".