Depuis ce mardi 13 mai, la chaîne francophone TV5 Monde n’est plus diffusée au Mali. La Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé de lui retirer ses droits de diffusion, en raison d’un journal télévisé du 3 mai jugé critique à l’égard des autorités de transition.
La décision a été actée le vendredi 9 mai, selon un courrier adressé aux distributeurs de services audiovisuels que RFI a pu consulter. La HAC y demande le retrait de TV5 Monde des bouquets diffusés dans le pays. Bien que la chaîne ait continué à émettre quelques jours après la décision, elle est désormais officiellement coupée.
Le reportage en cause, diffusé au journal de 20h30 le 3 mai, portait sur un mouvement de contestation à Bamako. Ce dernier avait surgi après l’interdiction d’un meeting de partis politiques. Des manifestants y exprimaient leur opposition au maintien des militaires au pouvoir sans élection, dénonçaient la menace de dissolution des partis et réclamaient un retour à l’ordre constitutionnel. TV5 Monde avait donné la parole à ces militants, ce que la HAC a considéré comme un traitement « partial » et « déséquilibré », accusant la chaîne de « diffamation des forces armées et de sécurité ». La polémique porte notamment sur un commentaire affirmant que les forces de l’ordre avaient « empêché l’accès des lieux aux manifestants », alors que la version officielle évoquait une présence policière pour « sécuriser les manifestants ».
Des précédents avec d'autres médias
Ce n’est pas la première fois que TV5 Monde est visée par les autorités maliennes. En septembre dernier, la chaîne avait déjà été suspendue pour trois mois. France 2 et LCI avaient également subi des mesures similaires. Quant à RFI et France 24, elles sont privées d’antenne depuis mars 2022, à la suite de la diffusion de reportages évoquant des exactions commises par l’armée malienne et ses partenaires russes du groupe Wagner.
Dans ce contexte tendu pour la liberté de la presse, la chaîne locale Joliba TV, suspendue elle aussi pendant six mois, devrait reprendre sa diffusion d’ici la fin du mois.
Des organisations comme Reporters sans frontières (RSF) alertent régulièrement sur les atteintes croissantes à la liberté d’expression et d’information au Mali, mais aussi dans l’ensemble des pays du Sahel.