La capitale soudanaise, Khartoum, a de nouveau été ciblée par des attaques de drones dans la nuit de mercredi à jeudi, provoquant une coupure généralisée de l’électricité, selon un communiqué de la compagnie nationale d’énergie.
Bien que les Forces de soutien rapide (FSR) aient été largement repoussées du centre du pays ces derniers mois, les analystes estiment que les combattants du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit "Hemetti", ont changé de stratégie. Plutôt que de poursuivre les assauts terrestres, ils privilégient désormais des frappes ciblées par drones contre les infrastructures stratégiques, notamment les centrales électriques, les barrages et les sites logistiques situés en zone contrôlée par l’armée régulière.
Le conflit, opposant les FSR à l’armée soudanaise, a dévasté le pays. Plus de 13 millions de personnes ont été déplacées, tandis que les Nations unies alertent sur une famine généralisée et une recrudescence des maladies. Les combats auraient déjà causé des dizaines de milliers de morts, selon des sources militaires.
Parmi les cibles récentes des drones de la FSR figurent Port-Soudan – devenue le centre de commandement de l’armée – ainsi que d’autres régions stratégiques. Ces frappes ont entraîné des pannes de courant à grande échelle, affectant l’ensemble du territoire.
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent notamment dans le sud d’Omdurman, une des trois villes de l’agglomération de Khartoum, où l’armée affirme avoir attaqué des poches de résistance des FSR. Dans l'État du Kordofan occidental, épicentre des combats actuels, des milliers de civils ont été contraints de fuir à nouveau.
L’armée soudanaise tente de sécuriser les zones pétrolifères stratégiques et de reprendre le contrôle de la région du Darfour, en particulier de la ville d’al-Fashir – dernier bastion gouvernemental dans cette région assiégée par les FSR.
Le conflit, né d’un désaccord sur les modalités de transition vers un pouvoir civil, continue de plonger le pays dans le chaos. Malgré les retournements de situation successifs, aucun des deux camps ne semble en mesure de prendre l’avantage décisif, prolongeant ainsi une guerre qui s’enlise.