Un nouveau drame s’est noué jeudi soir (4 juin) aux abords de la salle des fêtes du Lamentin. Un adolescent de 13 ans a été abattu par balle dans la cité de Crâne, un quartier déjà endeuillé. Un homme de 27 ans a également été blessé lors de cette fusillade. L’émotion est immense.
Les faits se sont déroulés peu avant la tombée de la nuit. Des coups de feu ont retenti, plongeant une nouvelle fois le quartier dans l’effroi. L’adolescent, touché mortellement, est décédé sur place. L’autre victime, blessée à plusieurs reprises, a été hospitalisée. Une enquête pour assassinat et tentative d’assassinat a été ouverte, confiée à la Section de recherches de la gendarmerie.
Le jeune garçon, connu des services de police et déscolarisé, apparaissait dans des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, arme à la main, visiblement dépassé par l’objet qu’il tenait. Des images glaçantes, qui contrastent violemment avec son jeune âge.
Ce nouveau drame intervient moins d’un mois après un accident de la route à Beausoleil (Baie-Mahault) dans lequel cinq autres jeunes du même quartier, âgés de 18 à 21 ans, ont perdu la vie. "Ce sont six enfants qui se connaissaient. Une mère qui pleure encore son fils. Une mère qui s’est battue du mieux qu’elle a pu", confie une habitante, la voix nouée. Plusieurs femmes du quartier se sont spontanément rassemblées pour exprimer leur solidarité.
Face à l’émotion et à l’urgence, une réunion de crise s’est tenue ce jeudi en mairie du Lamentin, en présence du préfet Xavier Lefort. Objectif : comprendre, agir et tenter d’endiguer l’escalade de la violence.
Car à Lamentin, comme ailleurs en Guadeloupe, les faits divers tragiques se multiplient, sur fond de tensions croissantes entre bandes rivales, notamment celles de Sainte-Rose et de Baie-Mahault. Le territoire semble pris dans un engrenage.
"Je ne sors plus le soir, comme avant", confie Josué, un adolescent du quartier, lucide sur un climat devenu pesant. Dans un communiqué, la procureure de la République, Caroline Calbo, a rappelé l’ampleur de la crise : depuis le début de l’année 2025, 27 homicides volontaires ont été recensés en Guadeloupe et dans les îles du Nord, dont 16 par arme à feu. À cela s’ajoutent 110 tentatives d’homicide, dont 67 également commises avec une arme à feu.
Des chiffres alarmants, qui traduisent la prolifération incontrôlée des armes sur le territoire, et leur usage de plus en plus banal, y compris chez les plus jeunes.