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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Haïti : l’Assemblée nationale appelle à étudier le processus de restitution de la « double dette » imposée au XIXe siècle

Jeudi, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de résolution invitant le gouvernement français à examiner le processus de restitution de la dette imposée à Haïti au XIXe siècle, en échange de la reconnaissance de son indépendance par la France.

Ce texte, porté par le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), composé de députés communistes et ultramarins, a été adopté à une large majorité de 53 voix contre 9. Les votes défavorables sont venus des élus du Rassemblement national (RN) et de son allié, le groupe UDR.

La résolution appelle l’État français à reconnaître l’injustice historique infligée à Haïti, à en mesurer les conséquences, et à envisager une réponse à la hauteur des demandes de réparations. Elle recommande notamment la création d’une commission indépendante et le soutien aux initiatives mémorielles, en particulier celles menées conjointement par la France et Haïti dans une perspective de justice réparatrice.

En 1825, sous la pression militaire de la France, Haïti accepta de verser 150 millions de francs-or à l’ancien royaume colonial en compensation des pertes subies par les colons français après l’abolition de l’esclavage et l’indépendance haïtienne, proclamée dès 1804. Cette somme fut réduite à 90 millions en 1838, mais pour s’en acquitter, la jeune république caribéenne dut contracter des emprunts à des taux exorbitants auprès de banques françaises. Le paiement de cette « double dette » – à la fois envers la France et ses créanciers – s’étala jusqu’en 1952.

Selon la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME), cette mécanique d’endettement a durablement asphyxié l’économie haïtienne, piégeant le pays dans une spirale de dépendance néocoloniale dont il ne s’est jamais réellement relevé.

Le 17 avril dernier, le président Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une commission franco-haïtienne chargée d’évaluer l’impact de cette indemnité sur le développement du pays. Toutefois, il n’a pas explicitement évoqué la question des réparations financières, longtemps réclamées par les autorités haïtiennes.

Dès 2003, l’ancien président Jean-Bertrand Aristide avait évalué le montant de cette « double dette » à 21,7 milliards de dollars, relançant le débat international autour des réparations coloniales.

Le gouvernement, représenté à l’Assemblée par Thani Mohamed Soilihi, ministre chargé de la Francophonie, a émis un avis de sagesse sur cette proposition.

De son côté, le député RN Emeric Salmon s’est fermement opposé au texte, avançant que toute reconnaissance ou restitution risquerait de créer un précédent dangereux, susceptible de provoquer une vague de revendications similaires à travers le monde, mettant en péril l’équilibre diplomatique et économique global.