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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Hōkūleʻa reprend la mer : cap sur Tahiti pour un voyage de mémoire et de transmission

Ce mardi 3 juin 2025, dans le port de Hilo, sur l’île de Hawai’i, deux silhouettes majestueuses ont levé l’ancre sous une pluie légère et chargée d’émotion. Les pirogues traditionnelles Hōkūleʻa et Hikianalia ont mis le cap sur la Polynésie française, saluées par une foule émue, composée de familles, de passionnés, et de figures culturelles emblématiques. Parmi elles, la troupe de danse 'O Tahiti E, menée par Marguerite Lai, a offert une prestation vibrante, empreinte d’histoire et de fierté.

Une traversée entre les mondes

Les deux vaʻa à double coque s’engagent dans une traversée de 2 300 milles nautiques, direction Tahiti, via Rangiroa et Raiatea. Le périple devrait durer une quinzaine de jours. Mais au-delà des distances, c’est un voyage entre les temps qu’entament les 19 membres d’équipage : une odyssée au cœur des traditions maritimes ancestrales, où chaque vague évoque un souvenir, chaque étoile une route, chaque geste une transmission.

1. Une renaissance culturelle par la mer

Lorsque Hōkūleʻa prend la mer pour la première fois en 1976, c’est une révolution silencieuse. Construite selon les techniques ancestrales, elle quitte Hawai’i pour Tahiti sans GPS ni moteur, guidée seulement par les étoiles, les courants marins et le vol des oiseaux. À bord, le navigateur micronésien Mau Piailug, véritable gardien des savoirs anciens. Après 34 jours de navigation, l’arrivée à Papeete, le 4 juin 1976, est triomphale : 17 000 personnes accueillent la pirogue dans une liesse inoubliable. Cet instant déclenche un élan identitaire dans tout le triangle polynésien.

Depuis, Hōkūleʻa est devenue bien plus qu’un bateau : un symbole vivant de la renaissance culturelle océanienne. Elle a parcouru les océans, de Hawaiki Nui à d’autres rivages du monde, reliant les peuples de la mer.

2. Tahiti, cœur battant du voyage

Tahiti demeure une terre d’ancrage pour Hōkūleʻa. C’est là que son histoire moderne a commencé, et c’est là qu’elle revient, régulièrement, pour ranimer les liens entre générations. En 2017 et 2022, elle y faisait déjà escale, rencontrant élèves, enseignants et anciens pour partager les techniques de navigation céleste.

Pour ce 50e anniversaire, les escales prévues à Rangiroa (autour du 17 juin) et à Taputapuātea – haut lieu sacré classé à l’UNESCO – vers le 23 juin, porteront une charge symbolique forte. L’arrivée à Papeete, attendue le 28 juin, sera l’un des grands moments culturels de l’année, avec de nombreux événements prévus autour de cette traversée célébrant le patrimoine maritime polynésien.

3. Un message universel porté par les vagues

Au-delà des traditions, Hōkūleʻa porte un message universel : préserver les océans et les cultures qui en dépendent. Cette embarcation façonnée selon les méthodes anciennes montre qu’il est possible de conjuguer héritage et avenir. Mais le voyage n’a pas toujours été sans heurts. En 1978, une traversée tourne au drame : après un chavirage, Eddie Aikau – surfeur légendaire et membre de l’équipage – disparaît en mer en tentant de chercher de l’aide.

Depuis cet épisode, la sécurité est devenue centrale. Chaque équipier, une douzaine par rotation, suit une formation rigoureuse. En 2025, comme depuis un demi-siècle, Hōkūleʻa continue d’unir les peuples du Pacifique, de sensibiliser à la fragilité des écosystèmes marins, et de faire vibrer les mémoires collectives au rythme du vent, des étoiles et des vagues.


En bref : qu’est-ce que Hōkūleʻa ?

Construite en 1975 par la Polynesian Voyaging Society, Hōkūleʻa est une pirogue double traditionnelle hawaïenne conçue pour démontrer que les anciens Polynésiens maîtrisaient la navigation à travers l’immensité du Pacifique, bien avant l’invention des instruments modernes. Depuis son premier grand voyage en 1976 jusqu’à aujourd’hui, elle est devenue un véritable symbole culturel et écologique. À son bord se croisent navigateurs traditionnels, scientifiques, enseignants, marins, et jeunes en formation. Véritable école flottante, Hōkūleʻa incarne un pont entre les générations, les peuples, et les savoirs.