Ce dimanche 8 juin marque la Journée mondiale de l’océan, une date symbolique née lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, en 1992. L’objectif : célébrer l’océan, alerter sur son rôle vital dans l’équilibre de la planète et rappeler l’urgence de le protéger.
Trente-trois ans plus tard, si les discours évoluent, les actes peinent à suivre. Ce 9 juin s’ouvrira à Nice la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC-3). Un événement attendu, mais dont les ambitions affichées déçoivent déjà une partie des organisations environnementales.
Un géant méconnu
Recouvrant plus de 70 % de la surface terrestre, l’océan produit au moins 50 % de l’oxygène que nous respirons et constitue la principale source de protéines pour plus d’un milliard de personnes. Il héberge une biodiversité d’une richesse inouïe, encore largement inexplorée : seules 25 % de ses profondeurs ont été cartographiées, et à peine 5 % réellement explorées.
Des ressources vitales… épuisées
Les menaces, elles, sont bien connues. La surpêche a conduit à l’épuisement de 90 % des populations de gros poissons. La moitié des récifs coralliens est déjà détruite. La ruée vers ses ressources – énergétiques, biologiques, minières – couplée aux rivalités géopolitiques, met l’océan sous pression constante.
Des outils émergent pour mieux comprendre ce monde encore opaque. Le programme international Argo, lancé dans les années 2000, mobilise 4 000 flotteurs autonomes pour surveiller température, salinité et paramètres biogéochimiques. Un pas vers une meilleure connaissance, mais qui reste insuffisant face à l’ampleur des enjeux.
Une journée pour alerter… et mobiliser
La Journée mondiale de l’océan vise à sensibiliser aux conséquences des activités humaines, à encourager des pratiques plus durables et à fédérer les énergies autour d’une gouvernance plus responsable. Mais l’heure est venue de dépasser les slogans.
Les premières fuites sur le projet de déclaration de l’UNOC-3 laissent déjà craindre un manque cruel d’ambition. Les mots seuls ne suffisent plus : les États doivent désormais prendre leurs responsabilités.
En attendant, des initiatives locales tentent de garder le cap. À l’occasion de cette journée, l’Office de l’Eau organise une matinée d’animation sur l’esplanade de la Datcha, ce dimanche 8 juin. L’occasion, pour petits et grands, de renouer le lien avec cet univers fragile, fascinant… et en danger.