En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...
L’Afrique se fend en deux : un continent à la croisée des plaques
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Un bouleversement géologique de grande ampleur est en cours sur le continent africain. Lent mais inexorable, ce processus pourrait, à très long terme, redessiner la carte du monde.
Un jour, dans plusieurs millions d’années, l’Afrique pourrait ne plus être un continent unique. Une vaste fracture, connue sous le nom de Rift est-africain, est en train de diviser lentement le continent en deux, ouvrant potentiellement la voie à la formation d’un nouvel océan. Si cette transformation s’inscrit dans une échelle de temps géologique, les premiers signes sont déjà visibles, et les conséquences commencent à se faire sentir.
Une fracture tectonique majeure
Le Rift est-africain s’étend sur plus de 3 000 kilomètres, du nord de l’Éthiopie jusqu’au Mozambique. Il marque la séparation progressive entre deux plaques tectoniques : la plaque somalienne à l’est et la plaque nubienne à l’ouest. Sous l’effet des forces internes de la Terre, ces plaques s’éloignent lentement l’une de l’autre, à un rythme d’environ quelques millimètres par an.
Ce phénomène n’est pas sans rappeler les mécanismes qui ont conduit, il y a 200 millions d’années, à la dislocation de la Pangée — le supercontinent originel — et à la formation des continents actuels. Le Rift africain s’inscrit donc dans cette dynamique continue de la dérive des continents.
Des signes déjà perceptibles
En 2018, une fissure impressionnante est apparue au Kenya, coupant une autoroute en deux. Si l’événement avait d’abord été attribué au Rift, les géologues ont par la suite évoqué une combinaison de mouvements tectoniques et d’érosion des sols. Néanmoins, d’autres phénomènes, comme l’apparition en 2005 d’une faille de 56 kilomètres dans le désert de l’Afar en Éthiopie, confirment que le processus de fragmentation est bel et bien enclenché.
Ce qui se joue en Afrique de l’Est est comparable à d’autres dynamiques géologiques ailleurs sur la planète, comme la dorsale médio-atlantique, qui sépare les Amériques de l’Europe et de l’Afrique, ou encore la mer Rouge, née elle aussi d’un phénomène de divergence tectonique.
Un bouleversement aux multiples impacts
Les conséquences d’un tel phénomène ne se limiteront pas au paysage géographique. La scission du continent pourrait redéfinir des frontières, créer de nouveaux littoraux et ouvrir l’accès à des ressources marines jusque-là inaccessibles. Mais ces opportunités s’accompagnent de risques majeurs.
Dans les régions concernées, les populations sont exposées à une recrudescence de catastrophes naturelles : séismes, éruptions volcaniques et instabilité du sol sont appelés à devenir plus fréquents. Des infrastructures fragiles et une planification urbaine souvent insuffisante rendent ces territoires particulièrement vulnérables.
Une opportunité énergétique d’envergure
Paradoxalement, cette activité tectonique représente aussi une ressource. La région du Rift est l’un des sites au monde les plus prometteurs pour le développement de l’énergie géothermique. En exploitant la chaleur dégagée par la croûte terrestre, des projets en cours visent à produire une électricité propre, durable et accessible.
Des initiatives menées par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) accompagnent les pays de la région — comme l’Éthiopie et le Kenya — dans la mise en œuvre de centrales géothermiques. Ce potentiel pourrait transformer en profondeur les économies locales, en créant des emplois et en réduisant la dépendance aux énergies fossiles.
Des défis humains et sociaux considérables
Pour les habitants de la région, l’enjeu est double : s’adapter aux menaces naturelles tout en tirant parti des ressources offertes par le sol. Cela suppose une mobilisation des autorités pour renforcer les infrastructures, anticiper les déplacements de population et garantir la sécurité alimentaire dans une zone déjà marquée par des tensions climatiques et agricoles.
Les plans d’urgence devront intégrer la réalité géologique du terrain, tout en prenant en compte les besoins des communautés locales. L’éducation, la prévention et l’accompagnement des populations seront essentiels pour faire face à cette transformation de grande ampleur.
Une lente mais irréversible évolution
La division du continent africain ne surviendra pas du jour au lendemain. Il faudra attendre plusieurs millions d’années avant de voir apparaître un véritable océan. Mais dès aujourd’hui, les mutations sont visibles, tangibles, et lourdes de conséquences.
L’Afrique, berceau de l’humanité, se trouve une nouvelle fois au cœur d’une étape majeure de l’évolution terrestre. Dans le silence du temps géologique, la Terre poursuit son œuvre, lentement, mais avec une force inarrêtable.