Un cargo malgache s’est échoué dimanche dernier sur un récif corallien de la mer d’Émeraude, au nord de Madagascar, faisant craindre une potentielle pollution aux hydrocarbures dans cette zone maritime emblématique pour sa biodiversité et son attrait touristique. Si les autorités se veulent rassurantes, la présence de fioul sur un îlot voisin nourrit les inquiétudes.
Le navire Amory, transportant du riz et du ciment, est tombé en panne avant de dériver jusqu’à une barrière de corail encerclant la mer d’Émeraude, non loin de la ville de Diego Suarez. Dès le lendemain, pêcheurs et touristes ont découvert sur les plages de l’îlot Nosy Suarez une pâte noire et visqueuse à forte odeur de fioul. Des témoignages concordants et des photos recueillies sur place attestent de la présence d’hydrocarbures.
Pourtant, les autorités maritimes et l’organisme en charge de la lutte contre les pollutions marines — rattaché au ministère de l’Environnement — assurent qu’aucune fuite n’a été détectée sur le navire. Par mesure de précaution, les 20 tonnes de fioul lourd stockées dans les cuves du cargo ont commencé à être transvasées manuellement dans des bidons, pour éviter tout déversement.
Le plan de déséchouage prévoit l’intervention de deux bateaux de pêche chinois stationnés au port de Diego Suarez. Aucune date n’a encore été fixée pour l’opération, qui dépendra des conditions météo et des conclusions des expertises sous-marines. « Il est impératif de ne pas déplacer le navire sans connaître l’état exact de la coque », précise l’agence portuaire maritime et fluviale.
Véritable sanctuaire marin, la mer d’Émeraude abrite une faune exceptionnelle, des tortues aux poissons tropicaux, et fait vivre de nombreuses familles grâce à la pêche artisanale et au tourisme. Face au risque environnemental, des habitants ont déjà commencé à nettoyer les plages de l’îlot Nosy Suarez, ramassant manuellement les couches d’hydrocarbures visibles.
Ce n’est pas la première fois que la région est confrontée à un tel danger : en 2014, le pétrolier Tromso s’était échoué dans la même zone. Une opération de pompage avait alors permis d’éviter une marée noire majeure.