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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Mayotte : le projet de loi de Refondation adopté en commission, plusieurs mesures sur l’immigration supprimées

 

La commission des lois de l’Assemblée nationale a adopté, jeudi 12 juin, le projet de loi sur la refondation de Mayotte. Si de nombreux amendements ont été validés au cours de la semaine, plusieurs dispositions controversées sur l’immigration ont été supprimées lors d’une séance marquée par une faible participation des députés.

Parmi les mesures abandonnées figure notamment la possibilité de placer en rétention administrative, dans des centres adaptés, des mineurs étrangers accompagnant un parent visé par une mesure d’éloignement. Cette disposition, qui permettait une rétention de 48 heures prolongeable de 24 heures, a été vivement critiquée. « Le droit de l’enfant commande qu’il reste avec ses parents », a déclaré la députée mahoraise Estelle Youssouffa. À gauche, on invoque les engagements internationaux de la France en matière de droits de l’enfant. « Même temporaire, la privation de liberté pour un mineur contrevient à ces engagements », a rappelé le socialiste Philippe Naillet.

Autre suppression notable : la possibilité de retirer un titre de séjour à un parent étranger dont l’enfant mineur aurait un comportement menaçant pour l’ordre public. Cette mesure, pourtant déjà appliquée localement — notamment après des violences dans deux lycées de Mayotte en mars dernier —, a été rejetée par la majorité de la commission.

Les députés ont également supprimé deux articles supplémentaires : l’un autorisant des perquisitions à domicile pour la recherche d’armes, et l’autre imposant aux prestataires de services de paiement de vérifier la régularité du séjour de leurs clients avant tout transfert de fonds en espèces. « Une mesure de bon sens », a déploré le député LR Philippe Gosselin, rapporteur du texte. Sa collègue écologiste Dominique Voynet, elle, a dénoncé une disposition qui « conditionne l’envoi d’argent modeste vers les Comores ou Madagascar à un statut administratif », sous prétexte de lutte contre le blanchiment.

Le ministère des Outre-mer, dans un communiqué, a regretté que « certaines dispositions, pourtant fondamentales pour lutter contre l’immigration irrégulière, n’aient pas été adoptées pour des raisons conjoncturelles ». Philippe Gosselin, de son côté, espère que certaines mesures pourront être réintroduites lors de l’examen en séance publique à partir du 23 juin.