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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Obésité en Afrique : quand le symbole de richesse devient une menace sanitaire



Longtemps perçue comme un signe de prospérité dans de nombreuses cultures africaines, l’obésité s’impose aujourd’hui comme une crise de santé publique silencieuse mais mortelle. Alors que le continent connaît une croissance économique et démographique rapide, les maladies liées à l’excès de poids prennent une ampleur préoccupante, révélant de profondes inégalités et des bouleversements culturels.

De la richesse au risque : un changement de perception encore lent

Au Kenya, les politiciens corpulents sont souvent appelés avec admiration « Boss » ou « Mkubwa », terme swahili pour « grand homme ». Leur ventre rebondi évoque la réussite, le pouvoir, la sécurité financière. Mais cette image flatteuse cache une réalité alarmante. Les maladies non transmissibles (MNT), comme le diabète et l’hypertension, sont aujourd’hui la première cause de mortalité dans le pays, représentant 39 % des décès annuels, selon le ministère de la Santé.

Et pourtant, dans un pays où près d’un tiers de la population peine encore à se nourrir correctement, 13 % des adultes sont obèses, selon l’Atlas mondial de l’obésité 2025. Un paradoxe révélateur de l’expansion des fast-foods, du développement urbain déséquilibré et de la croissance des revenus dans certaines franges de la population.

L’obésité, nouveau facteur de discrimination inversée

La perception du poids a même infiltré le monde de la finance. En Ouganda, une étude publiée en 2023 dans l’American Economic Review montre que certaines institutions de microfinance évaluaient les candidats à un prêt en fonction de leur corpulence, partant du principe qu’un corps enrobé reflète une plus grande capacité de remboursement.

« Beaucoup pensent que réussir signifie devoir prendre du poids, pour en porter les signes visibles », souligne le nutritionniste kenyan Felix Okoth. « Ils ne réalisent pas qu’ils s’exposent à des maladies chroniques. »

Une prise de conscience politique encore timide

Face à cette crise, quelques voix émergent. Cleophas Malala, ancien sénateur kényan, a partagé publiquement sa propre transformation. Victime de douleurs lors d’un vol long-courrier, il a été contraint par ses médecins à entamer un régime drastique. Parti de 138 kg, il a suivi un jeûne de 90 jours. S’il reste discret sur son poids actuel, ses photos parlent d’elles-mêmes.

« Certains collègues m’en ont voulu, comme si j’avais trahi un club informel de politiciens en surpoids », confie-t-il avec ironie.

Autre figure de changement, Stephen Ogweno, ancien enfant obèse devenu militant de la santé publique, regrette que la question soit encore taboue :

« Ces débats se tiennent dans un Parlement où la majorité des députés arborent un ventre rond. Reconnaître qu’ils sont concernés serait déjà un grand pas. »

Le président William Ruto a lui aussi fait parler de lui après une perte de poids remarquée, démentant les rumeurs sur son état de santé en affirmant simplement :

« J’ai décidé de réduire mes dépenses… y compris caloriques. »

Une « bombe à retardement » pour le continent

Pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette montée de l’obésité sur un continent jeune et en pleine expansion démographique est une véritable bombe à retardement. En Afrique du Sud, les décès liés aux MNT dépassent désormais ceux liés au VIH, avec 32 % d’adultes obèses.

La transition nutritionnelle en Afrique — marquée par l’abandon progressif des régimes traditionnels au profit d’aliments ultra-transformés — est largement en cause. À cela s’ajoute une sédentarité croissante, aggravée par le manque d’infrastructures sportives et d’espaces publics adaptés.

Vers un nouveau discours sur le corps

Des initiatives émergent pour changer la narration autour du poids. Pour Caroline Kirui, directrice Afrique du projet ECHO, une plateforme d’échange entre professionnels de santé, les campagnes de sensibilisation sont essentielles pour briser l’association entre embonpoint et réussite.

La réponse est aussi commerciale. En Afrique de l’Est, les salles de sport, les régimes minceur et même les traitements médicaux comme l’Ozempic gagnent en popularité. Mais ces solutions coûtent cher — et ne sont pas sans effets secondaires. Certaines personnes, comme Caroline Havi, préfèrent des méthodes moins coûteuses, misant sur un seul repas par jour pour passer de 105 à 70 kilos.

En Afrique du Sud, Rebone Ntsie, directrice de la nutrition au ministère de la Santé, observe une lente évolution des mentalités :

« Le poids est encore perçu comme un symbole de respect dans certains milieux. Mais cette idée perd du terrain, à mesure que les risques pour la santé deviennent visibles. »