À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

RDC-Rwanda : un nouvel accord de paix sous l’égide des États-Unis

 

La première étape de l’accord de paix récemment conclu entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda devrait intervenir avant le 27 juillet 2025. Négocié sous l’égide des États-Unis, ce compromis prévoit la mise en place d’un « mécanisme conjoint de coordination », qui servira de socle aux discussions futures.

L'accord suscite des réactions mitigées chez les spécialistes. Samuel Igba, chercheur postdoctoral à l’Université de Pretoria en Afrique du Sud, rappelle que de nombreux précédents existent sans avoir jamais permis un retour durable à la paix.

« Une dizaine d’accords ont été signés depuis le début du conflit, mais aucun n’a abouti à une paix tangible. Depuis janvier, les combats ont repris, après l’échec des négociations de décembre dernier. Le gouvernement congolais de Félix Tshisekedi avait refusé de dialoguer avec le M23, ce qui a entraîné le retrait du Rwanda des pourparlers. Cela a marqué la reprise des hostilités », explique-t-il.

Le nouveau plan de paix s’articule autour d’un calendrier de quatre mois, ponctué par plusieurs étapes, sous la supervision d’un comité de suivi réunissant l’Union africaine, les États-Unis et le Qatar. La première réunion du mécanisme conjoint est prévue d’ici le 11 août.

Mais selon Samuel Igba, le problème est plus profond que la simple signature d’un texte :

« Ce que nous avons appris, c’est qu’il existe un décalage important entre les processus de paix formels, très médiatisés – comme ceux du Qatar ou de Luanda sous l’égide de l’UA – et les initiatives de terrain, comme le processus de Nairobi, impliquant les groupes armés. Cela fait plus de 30 ans que le conflit dure, et il y a manifestement un fossé entre la diplomatie de haut niveau et les efforts de paix à la base. »

Dans une déclaration publiée lundi, les rebelles du M23, regroupés au sein de l’AFC, ont pris acte de l’accord signé le 27 juin entre la RDC et le Rwanda, sans pour autant annoncer de changement dans leur posture militaire.